« Aujourd’hui, on peut mourir sur les trottoirs de Marseille à 21 ans dans la plus grande banalité », déplore l’avocat de la partie civile, Pierre Caviglioli. Sam* a échappé de peu à cette issue tragique la nuit du 3 décembre 2023. Trois ans plus tard, vendredi 5 juin 2026, Nourdine A. et Souad B., ont répondu de ces actes de violences avec arme blanche au tribunal correctionnel de Marseille.
La scène de l’agression n’a duré que deux minutes. Vers 3 h 30, Sam circulait avec deux amis en trottinette, rue de la République (2e). Derrière eux, une Clio roulait à toute allure sur les voies du tramway. À bord : le propriétaire du véhicule côté passager, mineur – déjà jugé dans cette affaire – Nourdine A. au volant et Souad B. à l’arrière avec deux jeunes femmes, présumées victimes de leur proxénétisme. Une liste d’infractions qui s’est encore allongée cette nuit-là.
Le poumon de la victime perforé
Lorsque le véhicule est arrivé à hauteur de la trottinette, Nourdine A. a dépassé brutalement Sam, manquant de le renverser. La victime a alors perdu le contrôle du deux-roues, qui a fini sa course contre la Clio. « Pour certains, la rayure d’une voiture ne peut être surmontée que par la violence », s’indigne le procureur Alain Berthomieu. Sans même constater les dégâts, les occupants de la Clio se sont rués sur Sam pour lui asséner des coups.
Au cours de la rixe, une lame a atteint son thorax, provoquant une plaie de deux centimètres. Le poumon a été perforé. Depuis cette nuit-là, « tout a basculé, je n’ose plus sortir », confie la victime, les bras enroulés autour de la poitrine dans un geste d’autoprotection.
Condamnés à 3 ans de prison
Sur les images de vidéosurveillance, l’obscurité et la confusion de la scène empêchent d’identifier avec certitude la main qui porte le coup de couteau. Les versions divergent. Sam est convaincu de reconnaître Nourdine A. comme l’auteur du coup. Ce dernier nie toute implication dans les violences. « Je voulais juste trouver un arrangement », répète-t-il comme un leitmotiv.
Leur complice mineur, le plus virulent sur les vidéos, a désigné Souad B. comme le coupable. Lui, affirme avoir voulu « séparer » les protagonistes. Une explication accueillie avec scepticisme par le procureur. « Et pour séparer, vous ne trouvez rien de mieux que donner des coups de pied et des claques à la victime blessée ? »
Pour le ministère public, peu importe. Les prévenus, au lourd passé judiciaire, ont participé en groupe à cette scène de violence unique. Ils sont tous les deux condamnés à 3 ans d’emprisonnement.
*Le prénom a été modifié