Manifestation à Rennes (juin 2026) - Bouge ta pref'

Manifestation à Rennes (juin 2026) – Bouge ta pref’

Crédit : Rayan Bouakaz

« Bouge ta Préf ! » C’est le nom d’un collectif, regroupant de nombreuses associations, qui se mobilise devant les Préfectures aujourd’hui, mercredi 10 juin, pour dénoncer les obstacles majeurs que rencontrent les étrangers pour obtenir le renouvellement d’un titre de séjour. Pour les manifestants c’est une « maltraitance juridique et administrative » qui pénalise les personnes concernées dans leur intégration en France.

Armelle Bounya fait partie du MRAP 35 : « Le premier problème pour lui (l’étranger), c’est de comprendre par quelle procédure il doit passer et la moindre erreur peut créer des semaines de retard. Une fois qu’on a trouvé la bonne procédure, il faut être capable de la réaliser parce que ça se passe sur des sites internet qui sont très complexes et la majorité des gens avec leur téléphone ne sont pas équipés et n’ont pas forcément les capacités de le faire, donc ils ont besoin d’aide.

Et le moindre retard peut faire que leur titre ne sera pas renouvelé à temps, donc leur employeur ne va plus vouloir les faire travailler, ils vont accumuler les dettes, ils ne toucheront plus la CAF, ils risquent de perdre leur logement. Un retard de quelques semaines a des conséquences catastrophiques pour les personnes.« 

 

Il faut « donner aux préfectures le moyen de faire leur travail correctement »

 

Délais d’attente déraisonnables, dysfonctionnements informatiques… La loi impose pourtant à l’administration un délai précis pour rendre sa décision, et l’Etat a attribué des moyens supplémentaires aux Préfectures, mais c’est insuffisant juge Armelle du MRAP 35.

« On sait bien que la solution n’est pas vraiment à la préfecture de Rennes, c’est un problème national. Il manque cruellement de personnel dans les préfectures pour pouvoir faire le travail en heure et en temps. Nous on s’en prend à notre préfecture, mais il y a les mêmes actions dans plein de villes de France ; on espère être entendus pour donner aux préfectures le moyen de faire leur travail correctement. »

Armelle Bounya du MRAP 35Armelle Bounya du MRAP 35

Crédit : Rayan Bouakaz

« Elle ne sait pas s’ils vont lui donner, ou lui retirer ses papiers »

 

Rayan Bouakaz a rencontré également Sara, demandeuse d’asile, et qui a dû attendre 4 ans pour être en règle.

Aujourd’hui, Sara espagnole d’origine s’inquiète du renouvellement à venir de ses papiers. « Elle a attendu 4 ans pour faire ses papiers, sauf que maintenant, elle doit renouveler ses titres de séjour. Du coup, elle a très peur que ça prenne encore des années et des années. »

 

De la Préfecture, « elle attend qu’elle soit plus réactive… Elle est dans la peur parce qu’elle est dans l’incertitude. Elle ne sait pas s’ils vont lui donner, ou lui retirer ses papiers… parce que beaucoup de personnes autour d’elle les ont perdus (propos traduits par Violeta). »

« Sans travail, on n’est rien ! »

 

Judith est venue dénoncer ses propres difficultés devant la Préfecture d’Ille-et-Vilaine à Rennes, « quand on vient ici, on dépose les dossiers et après on ne reçoit que des attestations, on multiplie les attestations ! Normalement, si on n’a pas de titre de séjour, on ne peut pas travailler, on ne peut rien faire, nous sommes bloqués, c’est pour ça que nous sommes venus ici, pour qu’on nous respecte, d’abord respecter les rendez-vous et après les rendez-vous, il y a une suite, une bonne suite parce que sans travail, on n’est rien. »

Les collectifs « Bouge Ta Pref » demandent un accueil physique, avec une possibilité d’accompagnement individuel et de traduction durant les rendez-vous en préfecture, des titres pluriannuels de plus longue durée, ou la continuité des droits pendant l’étude des dossiers… et plus généralement, la régularisation massive des étrangers.

Le rassemblement a lieu ce mercredi soir devant la préfecture de Loire-Atlantique à Nantes.