La formation nippone l’a emporté en cinq manches (29-27, 25-20, 23-25, 28-30 et 15-12) dans un match où il y a eu un peu de tout. Au final, la résilience en défensive des Japonaises a eu le meilleur sur la puissance de frappe des Canadiennes.
L’attaquante Kiera Van Ryk, qui a donné toute une performance individuelle avec 25 attaques marquantes en plus d’avoir atteint la vitesse de 110 km/h sur un service, était habitée par un double sentiment.
«Il y a la déception de ne pas avoir été en mesure de terminer la rencontre avec une victoire, mais je suis également très fière de notre retour face à une équipe aussi technique que le Japon. Il faut énormément de combativité pour forcer une cinquième manche quand tu as perdu les deux premières face à cette équipe. On va être en mesure de continuer à progresser cet été en raison de cet aspect.»
Un appel controversé
Avec le pointage 7 à 6 pour le Japon au set décisif, l’officiel a appelé une touche illégale à la joueuse canadienne Nyadholi Thokbuom qui a soulevé la colère de l’entraîneur Giovanni Guidetti. L’officiel a répondu en décernant immédiatement un carton rouge au pilote, ce qui a donné un point supplémentaire au Japon. L’entraîneur a même botté un sac de ballons à son banc en guise de frustration.
Un changement drastique au pointage qui donnait maintenant le Japon en avance 9 à 6 au lieu d’une égalité de 7 à 7. Il n’en fallait pas plus au Japon pour filer vers la victoire. Guidetti était encore furieux après la partie et il a enguirlandé l’arbitre avant de partir sans répondre aux questions des médias.
Van Ryk a parlé d’une zone d’incertitude pour expliquer l’appel de l’officiel.
«Il y a des règles qui changent et plusieurs équipes ont encore de la difficulté à savoir ce qui est permis ou non sur le terrain. On est dans une période de transition à savoir ce qui est permis et c’est arrivé lors d’un point très important. Je respecte la décision de l’officiel. Ce qui est plus difficile à avaler a été de recevoir un carton rouge immédiatement sans avoir reçu de carton jaune préalablement. On se battait vraiment fort sur le terrain et c’est un appel qui a généré de la frustration», termine-t-elle en exigeant simplement que les règles soient claires sur ce qui est permis dans le futur.
Elle a terminé en remerciant Québec pour son hospitalité.
«De savoir qu’on peut revenir à la Coupe du monde dans un aréna où il y avait 10 000 spectateurs pour nous encourager est très stimulant. Je suis reconnaissante d’avoir cette chance et d’avoir pu jouer ici cette année. On a montré qu’on est un club qui va se battre à tous les points et j’espère que les gens ont apprécié l’effort.»
Bougie d’allumage
Une autre joueuse de l’unifolié qui a connu un excellent match est Andrea Mitrovic. Très peu utilisée avant cette rencontre, elle a terminé la partie avec 13 attaques marquantes.
«Je n’étais pas nerveuse parce que je fais confiance à notre entraînement. J’avais même hâte de montrer ce que je pouvais faire. Si j’ai pu aider l’équipe à revenir de l’arrière, je pense que c’est positif même si je voulais la victoire. On est passé très près ce soir.»
Foule extraordinaire!
L’organisateur Gilles Lépine était encore une fois tout sourire après le dernier match de l’événement. Les filles ont réussi à attirer un peu plus de 31 000 spectateurs tandis que les hommes avaient atteint près de 35 000 amateurs l’an dernier.
«Le pari est réussi pour l’affluence et les gens ont vu que le volleyball féminin n’est pas un sous-produit des hommes. On s’attendait à avoir un peu moins de monde si on comparait nos chiffres avec la LNV d’Ottawa qui avait eu 30 % moins de monde pour les femmes et on a fait beaucoup mieux. On a fracassé des records avec le match contre la France avec plus de 10 000 spectateurs. C’est génial!»
L’homme de volleyball tenait à souligner l’implication de la foule dans les rencontres.
«Cela a été remarqué par tous les pays que notre foule connaissait son volleyball. Elle était bruyante et elle était également très respectueuse des adversaires du Canada. Je suis très fier des gens qui sont venus et le record de foule de samedi leur appartient. Je pense vraiment qu’on a gagné de nouveaux adeptes.»
Il ne pouvait s’empêcher de sourire sur la venue de la Coupe du monde en 2027.
«Maintenant que cela a été confirmé par le grand patron, je peux dire que je suis très heureux. C’est un très gros événement qui s’en vient à Québec l’an prochain. Dans les autres points positifs de l’événement, la section du fan fest a été un très gros succès et on a attiré beaucoup plus de jeunes que l’an dernier.»
Questionné si la venue de la Coupe du monde pouvait faire mal à la LNV qui revient également l’an prochain chez les hommes, Lépine n’a pas bronché.
«Je ne crois pas, je pense que le volleyball est sur une lancée irrésistible et les gens vont répondre positivement aux deux évènements.»