En octobre dernier, soit huit mois après son arrivée triomphale aux Sables-d’Olonne, le vainqueur du Vendée Globe Charlie Dalin évoquait son cancer publiquement pour la première fois. Le skipper était atteint d’une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST) qui l’aura finalement emporté dans la nuit de mercredi à jeudi 11 juin 2026. Quelle est cette maladie ?
Un « pamplemousse dans le bide »
Diagnostiquée à l’automne 2023, sa tumeur qu’il avait qualifié de « pamplemousse dans le bide » d’environ 15 cm avait pris naissance sur la paroi externe de l’intestin grêle, déclenchant d’importants maux de ventre et obligeant le navigateur à adapter son alimentation et son sommeil.
Les tumeurs stromales gastro-intestinales sont un cancer rare du tube digestif appartenant à la famille des « sarcomes » des tissus mous, qui apparaissent généralement dans l’estomac, plus rarement dans l’intestin grêle, l’œsophage, le côlon et le rectum.
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Touchant environ 15 personnes sur 1 million, soit 800 à 900 nouveaux cas par an, les GIST représentent 10 % des sarcomes et moins de 1 % de l’ensemble des tumeurs digestives malignes, est-il indiqué sur le site infosarcomes. L’âge moyen lors du diagnostic est compris entre 50 et 60 ans, et un peu plus de la moitié des patients sont en vie cinq ans après le diagnostic d’un sarcome des tissus mous.
« Il y a beaucoup de gens qui vivent avec ce genre de maladie. Moi, j’ai déclaré ce truc-là à 39 ans. Aujourd’hui, je ne suis plus en état de faire de la course au large. Ma carrière est entre parenthèses, en pause… J’espère la plus courte possible », confiait-il à Ouest-France au mois d’octobre, alors que paraissait son livre La force du destin.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes varient selon la localisation, et peuvent même être inexistants aux premiers stades de la maladie. Une GIST est donc souvent détectée tardivement et par hasard, comme cela a été le cas pour Charlie Dalin.
Quand la tumeur se développe, ils peuvent se manifester par une hémorragie, un syndrome dyspepsique (impression de « mal digérer », des douleurs du creux de l’estomac et des ballonnements) ou une occlusion. La maladie peut aussi entraîner la présence de sang dans les selles ou vomissements de sang, une grande fatigue causée par un nombre peu élevé de globules rouges (anémie), mais aussi une sensation de plénitude et une perte de poids.
Existe-t-il des traitements ?
Selon la Société canadienne du cancer, « des cellules cancéreuses peuvent se propager d’où la TSGI a pris naissance jusqu’à d’autres parties du corps ». Selon la taille de la tumeur, son emplacement et s’il n’y a pas de métastases (ce n’est pas systématique), elle peut parfois être retirée par une chirurgie.
Lorsque cette option n’est pas sur la table, les médecins peuvent prescrire un traitement ciblé à base de médicaments anticancéreux, pour tenter de limiter la croissance des cellules malines.
En prenant la plume, le skipper souhaitait « aussi pouvoir aider les gens : je ne me rendais pas compte à quel point les cancers étaient présents dans la vie de nombreuses personnes ».