À force de couper les budgets de la recherche, « on commence à toucher à l’os », résume Didier Gori, ingénieur chimiste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Comme une cinquantaine de personnels, il s’est mobilisé contre l’austérité budgétaire imposée par la direction de cet organisme public. Nouveau défi pour les directeurs de laboratoire : les recrutements et le renouvellement de 70 % des agents sous contrats à durée déterminée (CDD) sont gelés jusqu’au mois d’octobre. Cette nouvelle contrainte leur a été annoncée par la direction le 8 juin, par courrier.

« Le nombre de fonctionnaires a déjà été réduit : sans CDD, nous allons manquer de bras et de cerveaux pour faire avancer les projets », prédit Lionel Bertaux, ingénieur technicien. La précarisation grandissant, 30 à 40 % des effectifs sont en effet des contractuels. Certains processus de recrutements engagés sur la base des financements initialement prévus ont dû être stoppés. Plus de 500 millions d’euros de charges obligatoires ne sont pas compensés par l’État depuis octobre 2024, se justifiait la direction du CNRS dans une autre lettre, en mars.

Plus de 30 % de baisse de budget

Les budgets pluriannuels sont un…