Un sac en cuir reconstitué à partir de cellules de Tyrannosaure Rex n’a pas pu être vendu lors d’enchères organisées jeudi à Paris, car le prix proposé était bien inférieur à l’estimation, a-t-on appris auprès de l’hôtel Drouot, où la vente avait lieu.

Mise à prix 100.000 euros par la maison d’enchères Giquello, cette « pièce unique » n’est pas allée plus haut que 150.000 euros lors de la vente, alors qu’elle avait été estimée à 300.000 euros.

Dévoilé au printemps à Amsterdam, ce sac a été créé à partir de restes de collagène retrouvés dans le fémur d’un T-Rex au Montana, aux États-Unis, il y a vingt-cinq ans.

« Ces dernières années, on a réussi à avoir des techniques, des biotechnologies avec lesquelles on peut donner des instructions à une culture cellulaire pour construire, entre guillemets, en laboratoire, de la vraie peau de T-Rex », a expliqué à l’AFP Iacopo Briano, expert en paléontologie, associé à la vente.

Sollicitée par l’AFP, une autre experte a à l’inverse estimé que « ce n’est pas du cuir de T-Rex ».

« Le cuir est fabriqué à partir de peau tannée, et nous n’en avons pas » qui provienne de cet animal disparu il y a des millions d’années, a fait valoir Mary Schweitzer, paléontologue à l’Université d’État de Caroline du Nord aux États-Unis.

Selon elle, « le collagène est une sorte de molécule générique » commune à la plupart des animaux, et son utilisation pour reconstituer du cuir ne garantit pas que ce dernier corresponde exactement à celui du T-Rex.

Faute de précédent, le commissaire-priseur Alexandre Giquello expliquait avant la vente qu’il avait fallu « inventer un prix », qui devait refléter à la fois le montant des investissements nécessaires pour créer ce sac et sa rareté.

« 300.000 euros, c’est quand même beaucoup, beaucoup d’argent. En même temps, c’est une chose unique au monde. Donc, le rare étant cher, voilà le résultat », avait-il dit à l’AFP.

Dans un communiqué, Drouot a évoqué « un objet sans précédent dans l’histoire du luxe » et une « prouesse scientifique » qui permet de créer du cuir « sans aucun recours à l’élevage animal ».

Selon ce communiqué, « le cuir cellulaire ouvre une nouvelle voie : celle d’une exclusivité qui ne repose plus sur le prélèvement ni sur l’élevage intensif ».

publié le 11 juin à 20h30, AFP

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