8 Russes tués ou blessés pour 1 Ukrainien

Dans une interview dimanche au journal NZZ, le président finlandais Alexander Stubb a déclaré que les forces ukrainiennes avaient tué ou blessé environ 35 000 soldats russes par mois depuis janvier. Sur la même période, les forces russes n’en ont recruté qu’environ 27 000 par mois.

This handout photograph taken on March 16, 2025 and released on March 17, 2025, by the press service of the 24th Mechanized Brigade of Ukrainian Armed Forces, shows Ukrainian servicemen of the 24th Mechanized Brigade firing a 120mm mortar towards Russian positions at an undisclosed location near Chasiv Yar, Donetsk region, amid the Russian invasion of Ukraine. (Photo by OLEG PETRASIUK / 24th Mechanized Brigade of Ukrainian Armed Forces / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO / 24th Mechanized Brigade of Ukrainian Armed Forces » – NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

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Le président Volodymyr Zelensky avait déjà fait le même constat en janvier, au sommet de Davos, lorsqu’il avait annoncé que l’armée russe « a cessé de croître ». Mykhaïlo Fedorov, ministre de la Défense d’Ukraine, avait promis dans la foulée de « tuer 50 000 Russes par mois » dans l’idée d’imposer « un coût insoutenable » à Moscou.




L’Ukraine n’en est pas encore là mais son armée semble avoir gagné en efficacité sur le front. Selon Alexander Stubb, le ratio de soldats russes tués par rapport aux soldats ukrainiens est désormais de huit pour un, contre trois pour un auparavant.

« La première année de cette guerre pour l’Ukraine a été une lutte pour la survie. Ensuite, pendant trois ans, il s’agissait de résilience. Et maintenant, c’est purement mathématique », avait déjà déclaré le président finlandais fin mai. Ces pertes russes massives s’expliquent par la nouvelle stratégie ukrainienne.


Sur cette photo diffusée par le service de presse de la 65e brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes le 10 avril 2026, un militaire ukrainien teste un drone FPV lors d’un entraînement dans un lieu non divulgué de la région de Zaporijia.Sur cette photo diffusée par le service de presse de la 65e brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes le 10 avril 2026, un militaire ukrainien teste un drone FPV lors d’un entraînement dans un lieu non divulgué de la région de Zaporijia. – AFP

« En matière de drones FPV (des engins explosifs dirigés par une vue à la première personne, NDLR), les Forces de défense ukrainiennes disposent d’un avantage numérique de 1,5 contre 1 par rapport à l’ennemi, et cet avantage n’a cessé de croître ces derniers mois », a révélé jeudi Oleksandr Syrsky, commandant des forces ukrainiennes.

En mai, selon lui, les unités ukrainiennes de systèmes sans pilote ont neutralisé « près de 180 000 cibles ennemies vérifiées, soit 12,7 % de plus qu’en avril ». Au sol, Kiev déploie aussi de plus en plus de systèmes robotisés terrestres qui commencent à acquérir « une importance particulière sur le champ de bataille moderne ».



Des robots terrestres qui sauvent des vies

« Ils sont de plus en plus souvent déployés dans les zones les plus dangereuses, sauvant ainsi la vie des soldats ukrainiens. Aujourd’hui, une part importante de la logistique de première ligne – livraison de munitions et de vivres, évacuation des blessés et autres missions de soutien – est assurée précisément grâce à ces systèmes », explique Oleksandr Syrsky.

Toujours en mai, ces systèmes robotisés terrestres ont accompli « 12 500 missions » mais « leur potentiel est cependant bien plus important. Nous pourrions accroître considérablement leur utilisation, mais depuis le début de l’année, nous rencontrons des difficultés d’approvisionnement », ajoute le commandant ukrainien.

Un homme pilote un véhicule terrestre sans pilote (UGV) lors de la compétition de course « Wild Drones », conçue pour simuler des conditions de champ de bataille, à Truskavets, dans la région de Lviv, en Ukraine, le 20 mai 2026.Un homme pilote un véhicule terrestre sans pilote (UGV) lors de la compétition de course « Wild Drones », conçue pour simuler des conditions de champ de bataille, à Truskavets, dans la région de Lviv, en Ukraine, le 20 mai 2026. – AFP

L’efficacité ukrainienne gagne aussi la défense aérienne. Grâce à ses nouveaux drones intercepteurs, environ 4 000 drones russes Shahed ont été neutralisés le mois dernier, « soit 27 % de plus que le mois précédent », poursuit le commandant.

Et l’entreprise Fire Point a révélé cette semaine que les premiers essais de son missile intercepteur FP-7.X étaient « plutôt concluants ». Cette munition devrait permettre d’ici 2027 à l’Ukraine de se passer des missiles américains PAC-3 du système Patriot, dont l’approvisionnement est conditionné aux humeurs du président Trump.

Logistique russe en péril

À noter aussi que l’armée russe n’avance presque plus en Ukraine. A minima, elle ne conquiert plus que quelques kilomètres par mois. Certaines sources affirment même qu’elle a perdu du terrain en avril et en mai grâce à des contre-attaques localisées dans les secteurs de Zaporijia et au nord d‘Hulyaipole.

Enfin, ces dernières semaines ont été marquées par un déluge de frappes de drones sur la logistique de l’armée russe, en particulier sur les fronts de Kherson et de Zaporijia. Les conséquences sont nombreuses et vont croître puisque non seulement les troupes russes subissent des pénuries de vivres et de munitions, mais la péninsule de Crimée connaît des pénuries alimentaires et de carburant. Plusieurs ponts qui y mènent ont été touchés, voire détruits, et la pression monte encore sur le pont de Kertch.

Il y a deux ans, l’an dernier encore, on y aurait vu le signe annonciateur d’une offensive ukrainienne.”

Sébastien Gobert, Journaliste et expert de l’Ukraine

Certains observateurs se prennent à rêver que cette situation favorisera prochainement une contre-attaque ukrainienne jusqu’à la mer d’Azov. Une telle percée provoquerait alors un effondrement de l’armée russe qui permettrait de libérer la Crimée, occupée depuis 2014.

« Il y a deux ans, l’an dernier encore, on y aurait vu le signe annonciateur d’une offensive ukrainienne. Mais comme on le sait, l’Ukraine souffre d’un manque d’hommes qualifiés après plus de quatre ans de résistance, nuance le journaliste Sébastien Gobert, expert de l’Ukraine, sur X. Alors ce qu’on peut prédire a minima, c’est juste la précarisation des positions russes et une nouvelle saison touristique pourrie pour la Crimée. En attendant de voir… »