En 1720, le funeste navire Grand Saint-Antoine, dont l’épave gît aujourd’hui au large de l’île de Jarre, pénètre dans les eaux marseillaises, important la peste bubonique sur le sol marseillais. En quelques mois, la maladie balaye la cité phocéenne et se répand dans la région : elle fera en Provence entre 90 000 et 120 000 victimes sur 400 000 habitants. Pour conjurer l’épidémie, l’évêque de Marseille, Mgr de Belsunce, consacre son diocèse au Sacré-Cœur de Jésus et établit la fête du Sacré-Cœur. Les Marseillais se croient sauvés car l’épidémie décroît. Mais, dès le printemps 1722, le nombre des personnes contaminées augmente à nouveau. Les Marseillais s’en remettent à Dieu et, le 19 mai, l’Évêque propose aux Échevins de Marseille de faire eux-mêmes « incessamment et sans cérémonie un vœu stable au divin Cœur de notre Sauveur ».
Le cardinal a appelé « à la douceur »
Depuis, Marseille perpétue ce Vœu des Échevins. Ce vendredi soir, Son éminence le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a célébré la cérémonie sous les mosaïques de l’église du Prado qui relatent les souvenirs de la peste et l’histoire du culte du Sacré-Cœur. Conformément à la tradition, Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCI), a renouvelé l’offrande du cierge de cire blanche, orné de l’écusson de la Ville. En ces temps troubles, où « tant de gens pensent que la terre est quelque chose à conquérir en chassant ceux qui y habitaient avant eux, qui pensent que la terre est une propriété à défendre », le cardinal a appelé à la « douceur ». De retour de Barcelone où le pape Léon XIV était en visite, il a également voulu « partager (son) inquiétude face aux lois qui sont en train de se décider, celle sur la fin de vie et celle sur le renforcement des principes républicains ».
Un texte à l’attention de l’assemblée mais aussi des bancs des élus où l’on pouvait lire entre les lignes les accords ou désaccords à l’œuvre depuis l’élection municipale et la métropolitaine. Rayonnant depuis son élection à la tête de la fédération LR, le conseiller régional (LR) Ludovic Perney représentait le président de la Région Renaud Muselier et était assis, au premier rang, aux côtés de la présidente (DVD) du département Martine Vassal quand, symbole de « l’œcuménisme » défendu par le nouveau président (LR) de la Métropole, au premier rang comme Benoît Payan le maire (DVG), la maire de secteur Olivia Fortin (PM) et vice-présidente de la Métropole représentait Nicolas Isnard, le président.
Traditionnelle cérémonie du Vœu des Échevins, à la Basilique du Sacré Coeur (8e arrdt), en présence de nombreux élus locaux – messe – 120626FPT05 / PHOTO Franck PENNANT
Au troisième rang, était également présent le député (RN) Franck Allisio, ancien candidat à la mairie de Marseille aux dernières municipales.
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