Après un
premier fiasco discret, Great Wall Motor prépare une nouvelle
offensive en Europe avec 10 modèles annoncés d’ici 2026. Reste à
voir si ce plan suffira à bousculer un marché déjà
saturé.

Encore quasiment inconnu du grand public, un constructeur
chinois prépare pourtant une arrivée tonitruante sur nos routes.
Après un premier passage raté en Europe, cette marque compte se
rattraper avec une déferlante de nouveautés. Son plan est clair :
lancer au moins 10 modèles en deux ans, sur quasiment tout le
continent. Et derrière ces chiffres se cache un nom encore méconnu
chez nous : Great Wall Motor, abrégé
GWM. Le constructeur chinois prépare sa revanche,
avec une stratégie bien différente de sa première tentative.

Car la première fois, GWM s’est brûlé les ailes en misant
presque tout sur l’électrique. Présent au salon de Munich 2021 puis
au Mondial de Paris 2022, le groupe n’a jamais vraiment décollé.
Ses ventes européennes ont reculé de 25 % en 2024. Elles ont encore
chuté d’environ 30 % en 2025, pour tomber à 3 500 voitures. Pendant
ce temps, d’autres marques chinoises comme BYD, MG,
Chery ou Leapmotor
gagnaient du terrain en Europe. Et c’est justement pour combler ce
retard que Great Wall Motor prépare cette nouvelle offensive
européenne. Reste à voir si ses 10 nouveaux modèles suffiront à
s’imposer sur un marché déjà saturé.

Great Wall Motor : un premier faux départ en Europe

Great Wall Motor fait partie des quelque 150
constructeurs automobiles chinois
recensés sur leur marché
domestique. Il a été l’un des premiers à tenter l’aventure
européenne. La marque a présenté une large gamme de modèles
électriques au salon de Munich 2021. On l’a ensuite vue au Mondial
de l’automobile de Paris 2022, avec l’ambition affichée de
s’installer durablement. Mais malgré cette exposition, les clients
européens ne se sont pas précipités dans les concessions GWM. Les
ventes sont restées confidentielles, au point que la marque a
réduit la voilure sur le Vieux Continent.

Pour Parker Shi, président des activités internationales de GWM,
pas question pourtant d’abandonner ce marché stratégique. « Nous
ne voulons pas être perdants sur aucun marché au monde. » « Nous
reviendrons avec le produit adéquat », a-t-il assuré, cité par
Automotive News. Pour
ce second essai, GWM promet d’arriver avec des produits mieux
adaptés aux attentes locales. Cela passe par une gamme beaucoup
plus large, mêlant modèles électriques, hybrides et thermiques. Le
tout sur fond de ralentissement du marché chinois, qui rend les
ventes à l’export encore plus cruciales.

Une déferlante de 10 modèles GWM pour conquérir l’Europe

Au cœur de cette offensive, Great Wall Motor annonce une arrivée
massive de nouveautés. Le constructeur vise au moins 10
nouveaux modèles
en Europe sur les deux prochaines années.
La première sera la petite Ora 5, attendue au
cours de ce premier semestre, déclinée en électrique, hybride et
essence. GWM enchaînera ensuite avec le SUV Jolion
Max
et le H7, un modèle davantage orienté
tout‑terrain. L’idée est de couvrir un maximum de segments. Du
petit modèle urbain au SUV familial, GWM veut toucher un public
plus large.

Aujourd’hui, GWM vend déjà ses voitures dans neuf pays
européens, dont l’Allemagne et le
Royaume‑Uni. Le constructeur prévoit d’ouvrir
l’Italie et l’Espagne en juin, puis la
Pologne en juillet. Dix autres marchés doivent
suivre dans les douze mois, pour atteindre treize pays européens au
total. L’Europe est centrale dans l’objectif de GWM de doubler ses
ventes à l’export. Le groupe vise un total d’un million de
véhicules vendus hors de Chine d’ici la fin de la décennie. Pour
soutenir cette ambition, le constructeur prévoit aussi une usine en
Europe centrale ou du Sud. L’objectif annoncé est une capacité
annuelle de 300 000 voitures à l’horizon 2029. Les spécialistes
soulignent toutefois que GWM arrive sur un marché déjà envahi par
d’autres marques chinoises. Selon l’analyste automobile Felipe
Munoz, « Il y a déjà trop de constructeurs automobiles chinois
en Europe ». « Ils auront du mal à se différencier »,
a-t-il prévenu. Felipe Munoz estime aussi que certains modèles ne
seront pas adaptés au marché. Il cite le grand SUV tout‑terrain
Tank 300, jugé peu compatible avec les attentes de nombreux clients
européens.