Par

Hervine Mahaud

Publié le

22 mai 2025 à 18h15

Des cris, des violences et des « runs » sauvages au beau milieu de la nuit, et un fort sentiment d’insécurité. Voici ce qui caractérise, malheureusement, le secteur Masséna-Solférino. Face à la recrudescence des nuisances, et les plaintes ininterrompues des riverains, la Ville de Lille et la préfecture du Nord viennent de dévoiler un nouveau dispositif de sécurisation. En quoi consiste-t-il au juste ? On vous le détaille.

Bientôt la fin du calvaire pour les riverains ?

Le calvaire vécu par les habitants de ce quartier festif ne date pas d’hier. Un collectif de riverains, qui publie régulièrement des vidéos éloquentes sur la situation des rues de la soif lilloises, milite depuis bien des années pour davantage de sécurité… et de sérénité.

Le nouveau dispositif de sécurisation, mis en place conjointement par la préfecture du Nord et la Ville de Lille, pourrait ainsi permettre de calmer la grogne.

Car malgré « des actions communes et régulières pour assurer la tranquillité des riverains », « la situation n’était pas satisfaisante, il fallait qu’on aille plus loin, on est monté d’un cran dans la sécurisation du secteur », indique Arnaud Deslandes, maire de Lille.

Une présence policière renforcée

Comment cela se traduit concrètement ? D’abord par le levier humain. « On avait une demande récurrente d’une présence humaine plus forte, en plus de la présence des caméras de vidéoprotection. » Mais depuis le jeudi 15 mai 2025, date de mise en place du nouveau dispositif, il y a désormais un point fixe avec des effectifs de la police municipale et nationale. « C’est un point de repère pour les personnes qui se font agresser et qui trouvent immédiatement des secours », souligne le préfet du Nord, Bertrand Gaume.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Ce point fixe sera présent les jeudi, vendredi et samedi soirs, de 23h à 6h, à côté de la place des Halles (le supermarché Match). En prime, des effectifs de policiers nationaux tourneront dans le secteur, pour être au contact de la population. Ils pourront être appuyés par des fonctionnaires de la BAC ou des groupes de sécurité de proximité (GSP).

En parallèle des forces de l’ordre, quatre médiateurs seront déployés à partir de début juin, les mêmes soirs, de minuit à 3h30 du matin.

L’interdiction totale du protoxyde d’azote à Lille 

À ce renfort humain s’ajoute un levier réglementaire. Trois arrêtés ont ainsi été pris, concernant le secteur Masséna-Solférino. Le premier vise à interdire la consommation, la détention, la cession du protoxyde d’azote à des fins récréatives sur le territoire de Lille. « On anticipe une proposition de loi qui vise une interdiction générale en France. »

Le deuxième interdit la consommation d’alcool sur la voie publique, de 20h à 3h du matin, « pour couvrir l’heure de fermeture des bars et après, le temps que les consommateurs se dissipent ».

Le troisième, enfin, interdit la vente d’alcool à emporter de 22h à 7h. Il ne sera ainsi plus possible pour les supérettes et épiceries de vendre des bouteilles dans ce créneau horaire. 

Par ailleurs, la Ville travaille à réaménager le parking des Halles, pour passer de deux à une entrée, dans le but d’éviter les « runs », ces courses de voitures lancées à pleine vitesse en ligne droite, causant parfois des drames comme en février dernier.

Avec ces mesures « fortes », Arnaud Deslandes veut réussir à apaiser la vie nocturne lilloise, « très attractive pour notre ville ». « Je ne vais pas vous dire ‘la bamboche, c’est fini’. Mais on dit juste qu’on veut que la fête soit respectueuse de tout un chacun. Car avoir des fêtards ivres, qui hurlent, urinent et vomissent dans les coins, ce n’est pas ça la fête », tacle le maire de Lille.

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.