Anouk Grinberg a partagé la vie de
Bertrand Blier pendant des années. Elle a raconté son calvaire
avec lui dans les pages de L’Obs. « Il agissait en
propriétaire de moi, il projetait constamment sur moi des
fantasmes que j’étais censée incarner à l’écran. J’étais
encerclée par son regard, à la merci de ses délires de metteur en
scène ». Elle a décrit un mécanisme d’emprise ultra
rôdé dans lequel le réalisateur l’a notamment « forcée à prendre
des neuroleptiques pour arracher [s]on consentement » dans le
cadre d’un tournage.
Le 2 avril,
Mediapart a partagé un nouveau témoignage de
l’actrice de 62 ans. Avec une colère froide, elle a raconté des
violences inimaginables et répétées infligées par celui qu’elle a
aimé. Ironiquement, ces violences ont notamment eu lieu sur le
tournage du film Merci la vie. « J’ai pas réagi quand
on me mettait des gifles, quand on m’étranglait, quand on me
mettait des trucs dans le c*l, quand on me faisait dire des
horreurs », regrette-t-elle aujourd’hui.
Anouk Grinberg à propos de Bertrand Blier : « Il m’a
torturée »
À la lumière de son expérience d’adulte et de sa conscience
féministe,
Anouk Grinberg a analysé la situation. « Je me rends
compte que j’ai été l’objet de ses délires, et je
ne me suis pas aperçue », constate-t-elle, les yeux emplis de
larme et la voix qui tremble. Au micro de Mediapart, elle aborde
aussi la « véritable torture » qu’a été le
tournage de Mon homme, aux côtés de Gérard Lanvin.
Et pour cause : « Il [Bertrand Blier] m’a torturée. Je ne
voulais pas le faire, vraiment, clairement, parce qu’à ce
moment-là, j’étais déjà plus devenue moi-même,
parce que mon enfant était né, et donc j’étais
devenue responsable de quelqu’un d’autre », se
remmémore-t-elle.
« Il m’a fait taire violemment,
autoritairement »
Comme s’est souvenue Anouk Grinberg, à partir du moment où elle
devient mère, elle passe d' »objet » à
« sujet ». Son émancipation est néanmoins traversée
par une résistance. Celle de son propre compagnon, Bertrand Blier.
« Ce sujet là ne lui plaisait pas. Il l’a combattu,
même ».
De manière ultra violente, une nouvelle fois. « Il
m’a fait taire violemment, autoritairement, avec force, chez un
psychiatre de stars ». Ce fameux psychiatre qui lui a
fait prendre des médicaments afin qu’elle se soumettre à tous les
desideratas du « génie créateur ».