L’Association des usagers des transports (AUT) Sud Alsace a tiré la sonnette d’alarme la première – du moins publiquement –, lors de son assemblée générale organisée début juin  : le 3 novembre prochain, de lourds travaux ferroviaires, prévus pour durer jusqu’à fin 2029, vont débuter entre la frontière franco-suisse et la gare centrale Bâle SBB.

Principal objet de ce chantier, évalué à quelque 114 millions de francs suisses : abaisser de 54 cm les voies des tunnels ferroviaires du Kannenfeld et du Schützenmatt (longs respectivement de 1 000 et 286 mètres), afin de mettre ces ouvrages en conformité avec la norme européenne P400 – c’est-à-dire, concrètement, d’y permettre le passage de trains de fret, chargés de remorques de camion hautes de quatre mètres.

Importante campagne de communication

Le chantier a été organisé et phasé de telle manière que l’une des voies restera ouverte au trafic, en particulier au trafic voyageur, mais l’impact sur la ligne de TER Strasbourg-Bâle sera très conséquent. Il aurait d’ailleurs pu l’être encore davantage, sans le travail de concertation mené en début d’année entre la partie suisse (CFF, pour l’essentiel), la région Grand Est et SNCF Voyageur.

Concrètement, l’offre en matière de trains omnibus est intégralement maintenue ; en revanche, 88 circulations hebdomadaires de TER200 seront supprimées au moins jusqu’en juin 2027 (mais il était question d’en supprimer jusqu’à 140 avant concertation) et plusieurs trains de voyageurs auront désormais leur terminus à Saint-Louis ou même en gare de Mulhouse au lieu de Bâle jusqu’alors. Nombre de voyageurs impactés : un peu moins de 10 000 par semaine… D’où l’importante campagne de communication que SNCF Voyageurs prévoit de lancer dès la rentrée.

La Région escompte des compensations

Sur le fond du dossier, la région Grand Est, quant à elle, se félicite d’avoir pu in extremis minimiser l’impact de ces travaux, mais reste frustrée d’en avoir été avertie tardivement par la partie suisse : « Cela ne nous a pas laissés le temps d’explorer des pistes de transports de substitution, par exemple sous forme de cars », glisse à ce propos son vice-président Thibaud Philipps. « Et puis, on espère aussi obtenir certaines compensations financières, en particulier pour les sillons ferroviaires que nous avions commandés à la SNCF et qui ne rouleront finalement pas. » Des compensations dont le principe – et a fortiori l’éventuel montant – sont toujours en cours de discussion à l’heure actuelle.