Marc Márquez dégage une « présence » qui peut déstabiliser ses adversaires durant leurs tours qualificatifs, soulignait récemment le podcast Crash MotoGP.
Une de ses ruses bien connues lors des week-ends de course consiste à chercher l’aspiration derrière un autre pilote en qualification, profitant de son sillage aérodynamique pour gagner en vitesse.
Cependant, être suivi de près par le pilote le plus titré du plateau peut peser lourdement sur la concentration et la performance de la cible choisie par Márquez.
« Il n’est pas le plus grand, mais sur sa moto, il semble mesurer deux mètres dix ! Il dégage une telle aura », racontait Jordan Moreland lors de ce podcast.
Peter McLaren ajoutait : « Quand Marc a quelqu’un dans sa ligne de mire, il ne lâche rien. On a vu plusieurs pilotes tenter de s’en débarrasser, mais ça ne fait qu’empirer les choses.
« Quand c’est un autre pilote dans la même situation, il se dit souvent : ‘Je peux ralentir, faire une entaille large, abandonner ce tour rapide, l’autre va finir par lâcher l’affaire.’”
« Mais pas Marc. S’il t’a ciblé, il sait précisément où tu te trouves sur la grille. Peut-être que tu es en difficulté, que tu dois absolument réaliser un bon chrono, tu dois pousser, mais tu ne pourras pas temporiser indéfiniment.
« On a vu des pilotes se faire sortir de la Q1 ces dernières années à cause de sa stratégie. C’est forcément rageant à encaisser. »
« Jack Miller disait ‘ignore-le tout simplement’. Si tu te laisses entraîner dans ce duel mental, tu perds ta concentration sur ton tour. C’est le dernier truc auquel tu veux penser quand tu te bats avec une MotoGP. »
Comment éviter de servir de locomotive à Márquez
Marc Márquez, maître du psychologique en piste.
Éviter que Márquez ne profite de votre aspiration est un vrai casse-tête, tant sa détermination est forte et tant le pilote devant est concentré sur son propre tour chronométré.
« Que faire ? Apprendre à ignorer. Se mettre dans une situation où on peut se permettre de lever le pied », conseille Peter McLaren.
« C’est la seule parade disponible. Si Marc comprend que le concurrent n’a pas besoin de pousser parce qu’il est déjà en bonne position, il devra lâcher l’affaire et se débrouiller seul. »
« On a aussi vu Pecco Bagnaia décaler son rythme pour casser ce schéma. Peut-être est-ce une piste à explorer pour contrer cette tactique. »
Depuis qu’il a rejoint l’équipe d’usine Ducati cette saison, Márquez a moins souvent recours à cette manœuvre, profitant d’une machine plus compétitive. Cela dit, ce stratagème reste dans son arsenal du samedi, malgré les critiques.
Jordan Moreland souligne : « Marc sait parfaitement jouer le jeu. Il s’en moque complètement de ce qu’on peut dire de lui sur les réseaux sociaux. Il fait ce qu’il veut. Personne ne peut l’arrêter, il est têtu comme une mule, c’est son style. »
Peter McLaren renchérit : « Il ne se plaint jamais, c’est ça le plus important, quand on tente de le suivre. Et honnêtement, je ne me souviens pas qu’il ait déjà râlé quand c’était lui qui bénéficiait de l’aspiration d’un autre. »
« Au final, faut juste apprendre à jouer le même jeu. »
Marc Márquez domine actuellement le championnat MotoGP avec 68 points d’avance sur son frère Alex Márquez.
Ce dernier revient ce week-end au Grand Prix d’Allemagne malgré une blessure contractée précédemment, mais rien ne garantit qu’il tiendra la distance.
Le Sachsenring reste un circuit où Marc a souvent brillé, ce qui pourrait renforcer encore un peu plus son emprise sur le titre 2025.
En fin de compte, on pourrait se demander si cette « présence » ne serait pas en réalité une forme de super-pouvoir, un peu comme si Batman venait perturber les plans de ses opposants… Reste à voir si ses adversaires apprendront enfin à dompter ce redoutable joker ou s’ils préfèreront continuer à se faire mener en bateau. Mais bon, en attendant, on ne peut s’empêcher d’admirer ce grand spectacle, même si la frustration gagne parfois la première ligne.