Par
Clémence Pays
Publié le
16 juil. 2025 à 18h19
Depuis mardi 15 juillet 2025, le centre de collecte et de tri Le Relais Atlantique, à Couëron (Loire-Atlantique), a mis son activité sur pause. « On a stoppé les collectes partout en France », annonce à actu Nantes, Emmanuel Pilloy, président du Relais France et responsable du Relais Atlantique.
Conséquence de cette décision : les utilisateurs des conteneurs Le Relais sont invités à ne plus y déposer leurs vêtements et textiles (et à les stocker chez eux) jusqu’à une reprise des collectes. Mais pourquoi une telle mesure ? « Parce que l’éco-organisme Refashion ne nous donne pas les moyens de maintenir notre activité, il nous asphyxie », dénonce Emmanuel Pilloy.
« On ne peut plus y arriver »
Cet éco-organisme, agréé pour les vêtements, linges de maison et chaussures, doit « aider le recycleur », explique Emmanuel Pilloy.
Une contribution environnementale est prélevée lorsqu’un vêtement neuf est acheté. Cette somme est perçue par l’éco-organisme qui a ensuite la responsabilité de reverser cet argent aux recycleurs puisqu’« un produit recyclé a un coût », assure le président du Relais France.
Selon lui, « la crise a débuté à l’été 2024 », lorsque Refashion a versé « 30 millions d’euros aux recycleurs sur les 130 millions » perçus grâce à la contribution environnementale. Depuis, l’écart continue de se creuser. Et d’après Emmanuel Pilloy, à ce jour, Refashion conserve « 200 millions d’euros à la banque ».
Si le Relais revend une partie des vêtements grâce à son réseau de friperies solidaires Ding Fring, les autres textiles « coûtent de l’argent jusqu’au bout du recyclage ». Aujourd’hui, « on ne peut plus y arriver », se désole le président du Relais France.
Des emplois menacés
Le Relais a donc sollicité « depuis quatre mois, différents ministères » pour que Refashion revoie le montant de la contribution qui doit être reversé au Relais.
Actuellement, l’éco-organisme lui verse 156 euros par tonne de textiles collectés et triés. « Le ministère de monsieur Lombard [ministre de l’Économie, N.D.L.R.] a calculé que le coût réel de la tonne s’élève à 304 euros », abonde Emmanuel Pilloy. Soit 148 euros de plus que ce que touche Le Relais de la part de Refashion. « On espère que le gouvernement va se mobiliser. »
En France, ce sont 3 000 emplois qui sont menacés. C’est un impact social énorme.
Emmanuel Pilloy
Président Le Relais France et responsable Le Relais Atlantique
Ces emplois, qui permettent de collecter 120 000 tonnes de textiles par an, « redonnent du travail à des gens en réinsertion ». Si Le Relais devait cesser toute activité, « toutes ces personnes retourneraient au RSA », s’alarme Emmanuel Pilloy.
Le monde associatif impacté
Au-delà du Relais, c’est « tout le monde associatif » qui risque d’être impacté. En effet, plusieurs associations font appel au Relais pour collecter des vêtements et « permettre à des familles dans le besoin de se vêtir », notamment via Le Secours populaire, par exemple.
« Tout ça est remis en question », estime le président du Relais France.
On est en train de vivre une catastrophe.
Emmanuel Pilloy
Président Le Relais France et responsable Le Relais Atlantique
L’entreprise spécialisée dans la revalorisation du textile compte reprendre ses activités dès que Refashion versera la somme attendue. « Si ça ne bouge pas, on est mort, il n’y a plus de Relais », conclut Emmanuel Pilloy.
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