La peintre Nicole Bousquet, qui avait réalisé l’affiche des ferias en 2023, présente un dialogue sensible et sensuel entre le sauvage et le féminin.
Depuis toujours, Nicole Bousquet célèbre dans sa peinture la féminité. Mais pour l’artiste, la femme n’est qu’une partie de la nature, d’une nature sacrée, comme elle le montre avec son exposition estivale à l’espace Jean-Jaurès de Vauvert.
Il y a quelques années, l’artiste a commencé à peindre des chevaux en liberté, au brou de noix, exaltant de façon ancestrale la force de la nature. Une toile où elle représentait la manadière Fanfonne Guillierme l’a poussée vers la Petite Camargue, pour ce projet où elle engage un dialogue sensuel et sensible entre les figures de femmes auxquelles elle a l’habitude de rendre hommage et cet environnement beau et fragile, cet espace de liberté. Pour Nicole Bousquet, le lien est évident, « les femmes comme la nature portent la vie. »
« L’histoire a voulu effacer les femmes, mais la trace reste »
Dans une vidéo intitulée La mer, la mère, le propos est encore plus clair. Sur la plage, Nicole Bousquet a l’habitude de filmer son reflet dans l’eau, comme une ombre mouvante dans les vagues, qu’elle mélange grâce au montage à certaines de ses toiles féminines, dans un jeu entre l’intime et la mémoire.
Nicole Bousquet aime particulièrement les paysages de Camargue dans la grisaille, « quand la différence entre l’eau et le ciel s’efface ». C’est un peu la manière dont elle travaille ses portraits, les effaçant en accumulant des couches, parfois plus d’une vingtaine, d’un jus très liquide pour mieux les faire apparaître. « L’histoire a voulu effacer les femmes, mais la trace reste », explique l’artiste, qui révèle les images à la surface de la toile, à la manière d’un photographe argentique.
Avec en accrochage en diptyques, elle présente côte à côte des femmes plus ou moins célèbres et des évocations de la Camargue, où elle se situe « dans la poésie du paysage plus que dans l’étude de la faune et de la flore ». Un cheval dans un paysage abstrait voisine avec Camille Claudel. Au fil des toiles, on reconnaît la Callas, Romy Schneider, Sarah Bernhardt, Ava Garder montant un cheval de Peralta, mais aussi des taureaux, des poissons, des oiseaux, une sculpture d’Hathor, déesse cornue de l’amour, de la beauté, de la musique, de la maternité et de la joie, des femmes moins connues comme la résistance Marguerite Delchambre.
Dans ce dialogue avec le sauvage, Nicole Bousquet, qui avait réalisé l’affiche des ferias de Nîmes en 2023, propose aussi une nouvelle alliance, acceptant la vulnérabilité, mais sans jamais oublier les mots de la poétesse chilienne Teresa Wilms Montt, présente sur une petite toile, qui sait qu’il est difficile d’être une femme mais qui clame aussi : « J’ai vécu intensément chaque respiration et chaque instant de ma vie ».
Jusqu’au 27 septembre. Mercredi, 9 h 30-12 h et 14 h-18 h : jeudi et vendredi, 14 h-18 h ; samedi, 9 h 30-12 h. Espace culturel Jean-Jaurès, place Dr-Arnoux, Vauvert. Entrée libre. 04 66 88 22 72.