Depuis une vue aérienne, on dirait qu’il suffit presque de tendre le bras depuis le Parc des Princes pour toucher le stade Jean-Bouin. Seule la rue Claude Farrère sépare les deux enceintes. Ces vingt petits mètres de distance vont faire des deux matchs de championnat entre le PSG et le Paris FC les derbys les plus proches en Europe. Cette saison sera seulement la deuxième de cohabitation en première division, après 1978-1979, une époque où les deux clubs se partageaient le Parc.

Désormais, chacun chez soi, même si le PFC a déménagé en retrouvant l’élite. Au revoir le stade Charléty, ses tribunes ouvertes aux quatre vents, ses loges inexistantes et sa piste d’athlétisme. Bonjour Jean-Bouin, reconstruit au début des années 2010 et qui sera partagé avec les rugbymen du Stade Français. Déjà 7 000 abonnés sont recensés. L’alternance se fera aussi avec le PSG : en dehors de la 32e journée, les deux écuries ne joueront jamais à domicile lors d’un même week-end.

Les derbys en 2026
Le premier derby entre les deux clubs parisiens aura lieu au Parc des Princes, pour le premier week-end de Ligue 1 de l’année civile 2026. Hasard (ou non) du calendrier, le retour à Jean-Bouin se jouera lors de la… dernière journée. Avec toujours dans ses rangs l’ancien Bordelais Ilan Kebbal, l’ex-Marseillais Maxime Lopez et l’attaquant Jean-Philippe Krasso, le PFC débutera par un déplacement à Angers dimanche (17 h 15).

« Un temps extrêmement long »

Voilà donc Paris enfin doté de deux clubs de foot en Ligue 1. Cela permet de mettre un terme à une forme d’anomalie qui distinguait la capitale française depuis 45 ans face à celles des autres principaux pays et championnats du Vieux continent. Surtout, cette parenthèse se ferme alors qu’une nouvelle ère s’est ouverte au PFC l’an dernier avec l’arrivée comme actionnaire majoritaire de la famille Arnault, la plus riche de France.

Soutenue par le groupe Red Bull (environ 10 % des actions), déjà propriétaire de Leipzig en Allemagne et de Salzbourg en Autriche, la fratrie a rappelé via Antoine Arnault, fils de Bernard, qu’elle n’avait « pas l’habitude de gâcher (son) argent ». Ni de le dépenser sans compter. Le projet n’est donc pas le même que celui de son voisin, où le Qatar avait dès sa prise de contrôle en 2011 signé des chèques gigantesques pour construire un effectif de stars et viser d’emblée la Ligue des champions.

L’ancien propriétaire Pierre Ferracci, toujours au capital (30 %) et président délégué, évoque une stratégie qui consiste à « partir d’assez bas » et à « construire petit à petit un club qui s’installe régulièrement dans les places européennes ». Au moment de commenter le rachat du club, Antoine Arnault souscrivait : « On va laisser le temps aux équipes de se structurer. Il nous faut construire un vrai engouement autour de ce projet. On est là sur un temps extrêmement long. »

60 millions pour recruter

Nouveau parmi l’élite, le PFC vise « un maintien tranquille » mais n’a rien d’un poids plume. L’héritier Arnault avait promis un « investissement conséquent » pour lancer la machine et il a tenu parole. Une aubaine en ces temps de droits télé réduits à la portion congrue. Le PFC s’appuie sur un budget de 130 millions d’euros, ce qui le place dans le premier tiers de L1. D’après L’Équipe, entre 60 et 70 millions d’euros seraient prévus pour le recrutement.

Pour l’heure, seule la moitié a été dépensée, dont 17 millions d’euros pour Otavio, le défenseur brésilien de Porto. Le latéral gauche Nhoa Sangui (Reims, 9,5 millions d’euros) et l’ailier Moses Simon (Nantes, 7,5 millions d’euros) sont aussi arrivés. Le club n’a pas fini ses emplettes. Il a échoué à recruter Georges Mikautadze, été éconduit par Nantes pour Mathis Abline malgré une offre de 20 millions d’euros, et s’intéresserait de près au Brestois Pierre Lees-Melou.

Dans l’autre sens, aucun joueur n’a été vendu. En clair : pas de chamboulement à l’horizon, y compris sur le banc, puisque l’entraîneur Stéphane Gilli est toujours en poste. En coulisses, néanmoins, plusieurs cadres devraient vite arriver pour renforcer la partie administrative et commerciale. Et sous l’impulsion de Jürgen Klopp, directeur du football chez Red Bull, le centre d’entraînement sera bientôt doté de deux terrains supplémentaires.