Entre le Faron, le cap Sicié, le massif de la Colle Noire ou encore les Salins d’Hyères, les alentours de la métropole toulonnaise ne manquent pas d’espaces naturels.

Pour les protéger et les entretenir, il existe tout un réseau de partenaires institutionnels: l’Office national des forêts, le Conservatoire du littoral, la Région, le Département… La Métropole Toulon Provence Méditerranée a quant à elle mandaté des équipes d’écogardes, créées depuis maintenant plus de vingt ans.

Judith et Fred sont affectés au domaine de Fabrégas, à La Seyne. Tous les jours ils parcourent les 70 hectares du domaine et s’assurent de son maintien.

« On a la chance d’être en pleine nature toute la journée dans une région magnifique », raconte Judith.


Photo Frank Muller.

Diplômée d’un master, elle s’est d’abord formée dans les calanques en tant que saisonnière sur des missions de sensibilisation et pédagogie.

Voilà un an qu’elle est arrivée au domaine de Fabregas.

Mais comme Fred l’explique, « tous les parcours sont différents, chaque écogarde possède un socle de compétences communes et ses particularités issues de sa formation ».

Pour sa part, il était policier de l’environnement assermenté dans les Alpes-Maritimes, avant de devenir écogarde.

« Un métier passionnant et usant »

Pour Judith et Fred, chaque jour ne se ressemble pas. « On n’arrive jamais au bout de notre boulot, on a toujours quelque chose de nouveau. » En effet, les missions des écogardes sont vastes: surveiller, afin d’identifier les

risques, gérer l’entretien comme le débroussaillage et le balisage des sentiers, ainsi qu’informer et sensibiliser les visiteurs sur l’espace naturel.

« Être écogarde, ce n’est pas seulement se balader dans la nature, c’est un travail rigoureux pour lequel il faut savoir être polyvalent », explique Olivier Le Neannec, directeur des espaces naturels et biodiversité.

Le défi de l’été: prévenir les incendies

« Écogarde, c’est un métier qui évolue énormément au fil des saisons, elles ont chacune leur problématique spécifique », analyse Fanny Sitz. En été, bien évidemment, le danger c’est le feu. Chaque jour le risque incendie est évalué et les écogardes se chargent de l’afficher au grand public.

Depuis quelques mois, un nouveau panneau est développé, permettant de changer facilement les différents niveaux d’alerte. Pour les jours rouges (interdiction totale d’accès à l’espace naturel), la sanction est affichée clairement: 135 euros d’amende.

Lors des périodes où la menace incendie pèse, la sensibilisation est primordiale. « On fait des patrouilles et on échange avec les gens pour bien leur expliquer qu’il est interdit de fumer, de faire du bivouac, de laisser traîner des déchets et pourquoi », rapporte Judith.

Les écogardes participent aussi à des actions de sensibilisation en amont. Pour la saison à venir, ils prévoient de participer à Gaffofeu à La Seyne, un évènement accueillant des collégiens pour leur apprendre les bons comportements face au risque incendie. Selon Judith « c’est important d’adapter nos messages, de faire comprendre aux gens que c’est pour leur bien et qu’on ne dit pas juste non pour le plaisir ».

Une mission qui varie selon les secteurs

Le travail plus technique est effectué plus tôt dans la saison. En hiver, une grande part de débroussaillage est effectuée, afin de s’assurer qu’en cas de catastrophe les pompiers puissent circuler en toute sécurité.

Certains écogardes travaillent sur des secteurs recevant un afflux important de touristes en juillet et août, comme la presqu’île de Giens.

« Nous, on arrive encore à gérer, la route du cap Sicié est fermée aux voitures, le nombre de visiteurs reste raisonnable », souffle Judith. Pour Fred, « à Fabregas, il y a moins de monde à gérer, car il n’y a pas d’activité économique et touristique ».