Par

Nina Hossein-Zadeh

Publié le

20 août 2025 à 20h32

C’est devant l’entrée de l’emblématique piscine Castex à Toulouse, qui a vu naître de nombreux champions des bassins dont le célèbre Léon Marchand, que le maire Jean-Luc Moudenc et le président des Dauphins du Toec se sont retrouvés ce mercredi 20 août 2025. Le projet de la Cité de la Natation, qui verrait le jour sur l’île du Ramier, avance enfin avec la signature officielle de la cession des parcelles au porteur du projet jusqu’alors détenues par la mairie. Mais que cela signifie-t-il ?

Les parcelles cédées, le projet se concrétise

Tout sourire, Vincent Gardeau et Jean-Luc Moudenc ont procédé à la cession officielle des parcelles, peu de temps après le vote au Conseil de la Métropole le 20 juin dernier. « C’est un acte symbolique et historique », affirme le maire, alors que le club des Dauphins du Toec, qui porte le projet, est implanté sur l’île du Ramier depuis 1908.

Cette signature est « un acte fort qui concrétise le lancement de la future Cité de la Natation », se félicite Vincent Gardeau. La parcelle cédée par la mairie couvre une superficie de 4 200 m², située en bord de Garonne, en face à la piscine Castex, à l’emplacement de l’ancien Hall 7 du Parc des Expositions, qui sera « complètement rasé » pour accueillir le projet.

Le prix du terrain a été fixé à 592 000 euros, soit 141 € le mètre carré, d’après l’évaluation des services de l’État.

Vincent Gardeau, président des Dauphins du Toec, et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, ont signé la cession officielle des parcelles pour le projet Cité de la Natation.
Vincent Gardeau, président des Dauphins du Toec, et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, ont signé la cession officielle des parcelles pour le projet Cité de la Natation. (©Nina Hossein-Zadeh)Vidéos : en ce moment sur ActuDes bassins et un pôle santé

Le futur complexe, estimé à 33 millions d’euros, ne sera pas qu’une simple piscine accessible « uniquement aux adhérents ». Il regroupera trois bassins, dont un olympique de 50 mètres avec dix lignes d’eau, dans lequel Léon Marchand a fait ses exploits lors des Jeux de Paris 2024, un espace dédié à l’apprentissage, ainsi qu’un bassin intermédiaire de 25 mètres.

À ces installations sportives viendront s’ajouter des espaces de bien-être, des cabinets pour professionnels de santé et du paramédical, ainsi qu’une zone de restauration, faisant de la Cité de la natation un véritable pôle sportif et médical.

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« C’est important de pouvoir apporter un espace santé », confie Vincent Gardeau, qui souhaite continuer à former dans ces bassins les futurs athlètes Français. En soutenant le projet, l’État « a compris l’intérêt national de la Cité de la Natation », ajoute Jean-Luc Mélenchon.

C'est à la place de l'ancien Hall 7 du Parc des Expositions de l'île du Ramier que la Cité de la Natation prendra ses quartiers si le permis de construire est validé.
C’est à la place de l’ancien Hall 7 du Parc des Expositions de l’île du Ramier que la Cité de la Natation prendra ses quartiers si le permis de construire est validé. (©Nina Hossein-Zadeh)Un projet étudié sous toutes ses coutures

La concrétisation de ce projet n’a pas été un long fleuve tranquille. Avant même de pouvoir acquérir la parcelle, les Dauphins du TOEC ont dû répondre à plusieurs contraintes réglementaires et environnementales. Les discussions avec Toulouse Métropole, les services de l’État et surtout l’Architecte des Bâtiments de France ont été particulièrement soutenues.

L’un des principaux enjeux concernait l’intégration de la Cité de la natation au cœur de l’île du Ramier, futur « poumon vert » de la ville, et à proximité de monuments protégés.. « Cela n’a pas été facile, mais nous avons trouvé un accord avec l’architecte des bâtiments de France. Il fallait intégrer le futur bâtiment dans l’île et ne pas boucher la perspective vers la piscine Nakache et la salle Mermoz. Cela a été un long chantier, et nous avons notamment travaillé sur la hauteur du futur bâtiment », expliquait récemment Vincent Gardeau à Actu Toulouse.

À cela s’est ajouté un travail de fond avec la préfecture et la Direction Départementale des Territoires concernant le Plan de Prévention des Risques Inondations. La construction en zone inondable a nécessité des ajustements avant que le porteur du projet obtienne le feu vert indispensable à la poursuite du projet.

Un financement du public et du privé

La prochaine étape se fera en septembre 2025 avec le dépôt du permis de construire. « Il faudra environ six mois d’instruction », précise le président des Dauphins du Toec. Les travaux devraient pour être lancés au début de l’année 2026 pour une inauguration prévue en début d’année 2028.

Pour financer le projet, le secteur privé et le public mettront la main à la pâte. Les collectivités vont investir 16,4 millions d’euros, tandis que le porteur du projet prévoit un investissement de 33 millions d’euros.

« On a des investisseurs privés et on fera un emprunt. On va également ouvrir le financement au public qui souhaite participer à titre privé. Plus il y en aura, moins on n’aura de crédit », détaille Vincent Gardeau.

Ce que va changer la Cité de la Natation

La Cité de la Natation est un projet « ambitieux » tant dans l’infrastructure que dans son architecture, le président du Club. Elle devrait permettre de gagner entre 500 à 1 000 adhérents supplémentaires et d’ouvrir plus de créneaux.

« Aujourd’hui, on refuse des inscriptions, notamment pour les tout-petits. Un éducateur ne peut pas avoir 40 nageurs à former. Avec l’infrastructure de la Cité de la Natation, ce sera plus facile et on pourra également avoir une meilleure capacité d’accueil lors des stages d’été. »

En revanche, aucune compétition nationale ou internationale ne sera prévue sur le site.

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