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Entre épuisement financier et incertitude stratégique, les taxis conventionnés de Haute-Garonne hésitent à rejoindre la mobilisation nationale. L’OST31 temporise mais n’exclut pas d’entrer dans la danse.

Participera, participera pas ? Le mystère reste entier. Suite au récent appel à la mobilisation nationale des taxis conventionnés, l’Organisation Syndicale des Taxis de la Haute-Garonne (OST31) a annoncé qu’ils n’appelleront pas à la grève. Un pis-aller, comme l’admet volontiers Stéphane Abeilhou, porte-parole de l’OST31 : « Il y a plusieurs contraintes qui nous poussent à ne pas appeler à la mobilisation de notre côté. Déjà traditionnellement, on évite de faire grève un vendredi ou un lundi. Là, le 5 tombe un vendredi ».

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« Nos forces sont épuisées »

Mais plus que ce petit détail traditionnel, c’est surtout le volet financier qui rend cet appel impossible : « Nous voulons manifester mais nous ne le pouvons pas. Nos forces sont épuisées, nous n’avons plus de moyens ni humains ni financiers pour ça. Nous avons déjà fait grève tout le mois de juin, les collègues sont épuisés, ils ne sont pas partis en vacances, n’ont plus d’argent. Ce n’est pas possible, malgré notre volonté » explique-t-il.

L’OST31 n’appellera pas à la grève pour le 5 septembre prochain mais n’exclut pas d’y prendre part.

L’OST31 n’appellera pas à la grève pour le 5 septembre prochain mais n’exclut pas d’y prendre part.
DDM – LAURENT DARD

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« Nous ne voulons pas être parmi les précurseurs »

Pourtant, l’OST31 ne s’interdit pas de participer à la mobilisation. « En réalité, si la mayonnaise prend, bien sûr qu’on se joindra au mouvement. Mais nous ne voulons pas être parmi les précurseurs. On sait déjà que nous sommes face à un mur, que nous ne sommes pas écoutés. Aucune de nos propositions n’a été appliquée depuis le début. On n’obtiendra quelque chose qu’au travers d’une révolution. Et celle-ci n’est peut-être pas souhaitable à l’heure actuelle. Et, s’il fallait un dernier point, nous craignons aussi que ce mouvement du 10 septembre, dont on ne sait pas d’où il provient, face de l’ombre à cet appel du 5 septembre ».