Elle était arrivée le 21 août 2023, il y a deux ans pile. « Deux ans et un jour », précise-t-elle. La préfète de Meurthe-et-Moselle, Françoise Souliman, quitte ses fonctions ce vendredi 22 août. Pour quel bilan ? Pendant près d’une heure dans son bureau, elle en a discuté avec les journalistes.

Une nouvelle mission internationale

D’abord, elle a expliqué pourquoi elle quittait la Meurthe-et-Moselle. Une décision du président de la République : Françoise Souliman a été nommée à l’organisation de la sécurité au sommet du G7 qui se tiendra à Évian-les-Bains du 14 au 16 juin 2026. Son poste, exactement : secrétaire générale adjointe chargée de la sécurité. « Je vais continuer à faire ce que je sais faire », a-t-elle commenté.

Lutte contre l’insécurité

C’était l’une de ses propriétés : la lutte contre l’insécurité. Dans le Pays Haut, la préfète voit des « résultats honorables ». « Nous avons apporté des renforts de policiers. On a stabilisé la situation, mais on peut toujours mieux faire », convient-elle.

À Nancy, Françoise Souliman avait ciblé le quartier de la gare et le Haut-du-Lièvre, où se cristallisent les problèmes. « Nous avons mené de grosses opérations, les polices municipale et nationale ont bien travaillé ensemble », se félicite-t-elle. Au Haut-du-Lièvre, « l’État a mis beaucoup d’argent » notamment en matière de rénovation urbaine.

Reste un problème majeur : la lutte contre le trafic de stupéfiants, « la mère de toutes les batailles », explique Françoise Souliman, qui convient que le phénomène est difficile à maîtriser. « Ça augmente, on le voit, il y a plus de trafic. Il n’y a pas beaucoup de semaines où des gens ne sortent pas des couteaux. »

Hausse des cambriolages

La tendance continue, elle aussi : les cambriolages. Après une augmentation de 13 % en 2024 par rapport 2023, le phénomène se poursuit cette année. « On constate une hausse sur les dix premiers mois, plutôt en zone gendarmerie. Avec une augmentation aussi des taux d’élucidation », précise la préfète.

Augmentation des OQTF

Au rayon des satisfactions de la préfecture, il y a la mise en œuvre des obligations de quitter le territoire (OQTF). « 40 % des OQTF notifiées ont été mises en œuvre, soit le double de la moyenne nationale (qui est à 20 %, NDLR) ».

Les regrets

Des regrets, François Souliman en a « beaucoup ». En matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, par exemple. « On n’a pas pu retravailler en profondeur sur ces problèmes », confie-t-elle, regrettant « dépendre de la police judiciaire de Metz en ce qui concerne le Pays Haut ». En matière économique aussi, la préfète a des déceptions : « On aurait pu être meilleur si on avait mieux suivi les signaux faibles d’entreprise qui n’allaient pas bien », explique-t-elle, citant le cas Api Tech. « Il y a un an et demi, ils avaient un chiffre d’affaires formidable et aujourd’hui, ils licencient les trois quarts du personnel. »

Crise du logement d’urgence et accueil des gens du voyage

Françoise Souliman part en laissant des dossiers brûlants : crise du logement d’urgence et schéma d’orientation des gens du voyage, entre autres. Des sujets dont devra s’emparer le nouveau préfet, Yves Séguy. Il arrive le 25 août en provenance de Saône-et-Loire.