Quelques mètres avant la jonction qui relie le boulevard Thurner au Cours Julien, seuls deux vélos orange et blanc attendent à la station LeVélo. En face, une demi-douzaine d’usagers sont dans les starting-blocks, prêts à scanner le premier le QR code disponible. Timéo, habitant du quartier, n’est plus surpris de voir le réseau pris d’assaut : « Cet après-midi je vais galérer à trouver un vélo et ce soir je vais galérer à le poser, la station sera bondée… ». En juin, cet engouement pour les deux-roues électriques a atteint des records : un pic à 20 000 trajets en une journée a été enregistré par la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), gestionnaire du service.
Une option prisée des touristes mais des disparités territoriales
L’été, les vélos s’agglutinent près des plages en journée et autour des bars en soirée. Dans les Calanques, les trois stations éphémères de Callelongue, l’Escalette et les Goudes marchent à plein régime et seront pérennisées. Juliette et Jeanne, comptent en profiter : « C’est trois fois moins cher que les Velib’électriques à Paris (3 € pour 45 minutes contre 1 € pour 30 minutes à Marseille, NDLR), et plus agréable que le bus ou le métro. On n’utilise que ça ! ». Pour satisfaire tout le monde, la Métropole promet de déployer 2 600 vélos supplémentaires dans la ville avant juillet 2026 : « 70% de la population marseillaise disposera d’une station dans un rayon de 300 mètres autour de son domicile, contre 45% actuellement. » L’occasion aussi de réparer les inégalités territoriales : dans le 13e arrondissement, on compte 130 vélos pour 93 000 habitants ; le 15e en prodigue 60 et il n’y en a aucun dans le 16e arrondissement alors qu’ils sont 1 070 à remplir les rues du 8e arrondissement.
Thomas et Annie, venus de Londres pour le week-end, ont aussi troqué leurs trottinettes habituelles : « C’est beaucoup moins cher que Lime, et ça à l’air tout aussi simple. » Avec détermination, les touristes enfourchent le vélo pour ne pédaler que quelques mètres avant de faire demi-tour. « Bon, l’électricité ne marche pas, ça me fera les jambes ! » plaisante Thomas, le front déjà perlé de sueur.
15 700 trajets quotidiens en juillet
Timéo utilise LeVélo pour relier son domicile à son lieu de travail, il fait partie des habitués des 15 700 trajets quotidiens au mois de juillet : « J’entretiens une relation haine-amour avec ces vélos : c’est top quand ça marche, sinon c’est un enfer. » Fanette garde aussi un souvenir amer des dysfonctionnements : « J’étais en pleine descente, et j’ai découvert que mes freins marchaient à peine. Je suis passée au-dessus d’un scooter et me suis éclatée au sol. » Lasse des détériorations récurrentes, la Métropole pointe du doigt une « nouvelle vague de vandalisme en avril » et précise que de « longues et fastidieuses réparations au cas par cas » sont en cours.