Une rentrée sous le signe de l’avenir. Depuis plus de 40 ans, le Festival Piano aux Jacobins de Toulouse s’impose comme un laboratoire du piano. Né d’une passion pour la diversité des répertoires et des styles, il s’attache autant à transmettre la grande tradition pianistique qu’à révéler des personnalités en devenir. Et l’édition 2025 ne déroge pas à la règle, plaçant « l’avenir au cœur ». L’artiste associé cette année est le peintre marocain Mehdi Qotbi, qui signe des créations « emplies de lumière et d’énergie ». Ses œuvres, spécialement conçues pour l’évènement toulousain, accompagneront les soirées musicales d’un souffle visuel inédit, le tout en plein cœur de l’historique cloître des Jacobins.

Répétitions du pianiste Jonathan Fournel au cloître des Jacobins, 2023. © Festival Piano aux Jacobins (Facebook)

Une ouverture prestigieuse avec Fazıl Say

La fête s’ouvrira le 4 septembre avec Fazıl Say, pianiste et compositeur de renommée mondiale. Déjà invité du festival en 1998, il revient avec un programme mêlant Bach, ses propres sonates et des « fantaisies du jazz ». Ce concert inaugural, centré sur les Variations Goldberg, promet de marquer les esprits. Avec lui, les frontières s’estompent : on y entendra des pages classiques mais aussi « Yeni Hayat », une sonate pour piano où Orient et Occident s’entrelacent.

Avec son extraordinaire talent de pianiste, Fazıl Say touche depuis 25 ans le public et la critique d’une manière devenue rare », soulignent les organisateurs.

En tant que compositeur, Fazıl Say a reçu les commandes du Boston Symphony Orchestra, de l’Orpheus Chamber Orchestra de la BBC ou encore de la Fondation Louis Vuitton. © Fethi Karaduman

La relève du piano à l’honneur

Parmi les découvertes de cette édition, trois noms font leurs débuts en France : Moisés P. Sanchez, compositeur et pianiste espagnol célébré pour sa créativité jazz ; Clayton Stephenson, étoile montante américaine au parcours inspirant ; et Elisabeth Brauß, jeune virtuose allemande déjà encensée pour « la maturité et la profondeur de ses interprétations » (magazine Gramophone).

Née à Hanovre en 1995, Elisabeth Brauß s’est rapidement imposée comme l’une des musiciennes les plus passionnantes de sa génération. © Felix Broede

Les Toulousains découvriront également Momo Kodama, lauréate du concours ARD de Munich à seulement 19 ans et réputée pour sa maîtrise des répertoires modernes et romantiques. Un talent notamment reconnu par la presse internationale, qui salue son « jeu renouvelé et d’une liberté confondante » (San Francisco Chronicle).

Fidélités précieuses et souffle du jazz

La force du festival, c’est aussi sa « famille Jacobins ». Fidèles parmi les fidèles, Nelson Goerner, Vanessa Wagner, David Kadouch ou encore Jean-Baptiste Fonlupt reviendront partager leur art avec le public. Ces artistes, qui ont marqué les éditions précédentes, apporteront la continuité nécessaire à l’identité du festival, où se rencontrent constance et renouvellement.

Vanessa Wagner – Etude N°16 – Philip Glass. © Vanessa Wagner (YouTube)

Aussi, deux légendes du clavier marqueront cette édition : Richard Goode et Elisabeth Leonskaja. Cette dernière a d’ailleurs choisit Toulouse pour fêter son 80e anniversaire, entourée de confrères comme Pavel Kolesnikov, Samson Tsoy et Mihály Berecz. « Tout un symbole », relève l’équipe du festival.

Elisabeth Leonskaja lors d’une Masterclass avec les élèves du Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse, en 2023. © crr_toulouse

Cette année encore, le jazz garde une place de choix dans la programmation. Moisés P. Sanchez, Makoto Ozone et Micah Thomas offriront des « cartes blanches » où l’improvisation et la créativité s’inviteront dans le cloître.

Un hommage aux compositrices romantiques

Cette année, le festival s’associe au Palazzetto Bru Zane pour célébrer les 150 ans de la disparition de Louise Farrenc, pionnière du XIXe siècle. La pianiste Célia Oneto Bensaïd lui rendra hommage aux côtés de pièces de Louise Guilmant, Chopin, Bizet, Heller ou Alkan. Un programme où s’alterneront « virtuosité et lyrisme intériorisé ».

La pianiste Célia Oneto Bensaïd lors de l’édition 2021 du festival. © Festival Piano aux Jacobins (Facebook)

Ce partenariat s’inscrit notamment dans la mission du Palazzetto Bru Zane de redonner vie au patrimoine romantique français, tout en révélant des compositrices longtemps ignorées. Le concert des Jacobins s’inscrit ainsi dans un cycle plus large, qui se poursuivra à Venise en 2026 avec le festival du printemps du centre.

Quand l’art visuel rencontre la musique

En 2025, la dimension artistique dépasse le clavier. Le festival s’ouvre aussi à l’imaginaire pictural avec Mehdi Qotbi, dont les œuvres dialogueront avec les concerts. Ses créations colorées, mêlant soleil et mouvement, entrent en résonnance avec l’énergie des artistes prévus.

Medhi Qotbi a fondé plusieurs associations consacrées au dialogue interculturel, telles que le Cercle d’Amitié Franco-Marocain, ou encore le Trait d’Union Maroc-Europe. © Mehdi Qotbi

La présence de l’artiste marocain illustre la volonté du festival de se réinventer à chaque édition. Ainsi, après avoir accueilli des collaborations entre musique et danse, ou encore des incursions vers le jazz et les musiques du monde, Piano aux Jacobins s’offre un nouveau souffle avec l’art visuel.

Pour le public, cette complémentarité inédite est la promesse d’une édition éclatante !

>> Infos pratiques :

Le festival Piano aux Jacobins aura lieu du 4 au 30 septembre au cloître des Jacobins.

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