Le bureau de M. LeBlanc a qualifié la réunion, à laquelle participait également l’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, de longue et constructive. Le chef de cabinet de M. Carney, Marc-André Blanchard, est également présent dans la capitale américaine cette semaine.

Cette rencontre survient à la suite de l’annonce faite vendredi dernier par le premier ministre Mark Carney que le Canada supprimera certains droits de douane de rétorsion sur les produits américains afin d’égaler les exemptions tarifaires américaines sur les marchandises couvertes par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Le Canada a imposé des droits de douane de 25 % sur une longue liste de produits américains en mars, notamment les oranges, l’alcool, les motocyclettes et les cosmétiques. L’exemption du Canada à l’ACEUM pour les importations américaines entrera en vigueur le 1er septembre.

M. LeBlanc a indiqué que les droits de douane canadiens constituaient un important point de discorde avec l’administration Trump dans le cadre des négociations sur une nouvelle relation économique et sécuritaire.

Les droits de douane canadiens sur l’acier, l’aluminium et l’automobile seront maintenus. Ceux sur les automobiles sont généralement alignés sur ceux des États-Unis. Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium demeurent à 25 %, malgré l’augmentation du taux par les États-Unis à 50 % en juin.

Il a précisé que l’objectif est de parvenir à un accord bilatéral qui allégerait la pression exercée par les droits de douane sectoriels américains sur des secteurs comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, en prévision du prochain examen de l’ACEUM.

 

Début août, Donald Trump a porté les droits de douane sur le Canada à 35 %, la Maison-Blanche affirmant que le flux de fentanyl et les droits de douane de rétorsion étaient à l’origine de cette augmentation. Ces droits de douane ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.

Mardi, M. Carney était dans la capitale lettone et a répété que 85 % des produits canadiens demeurent exempts de droits de douane et qu’Ottawa se concentrait sur les secteurs clés frappés les mesures tarifaires de Donald Trump: l’acier, l’aluminium, l’automobile, le cuivre et le bois d’œuvre.

«Ce sont les domaines dans lesquels nous nous efforçons immédiatement d’améliorer les résultats, si possible», a déclaré M. Carney à Riga lors d’une conférence de presse avec la première ministre lettone Evika Siliņa. «Et pour y parvenir (…) nous devrons envisager d’autres domaines où nous pouvons instaurer une coopération mutuellement avantageuse.»

M. LeBlanc est en discussion avec les Américains au sujet d’un «ensemble de mesures» pouvant inclure des opportunités d’investissement dans des secteurs comme la défense et la sécurité, qui pourraient s’accompagner d’un allègement tarifaire pour les secteurs canadiens.

Donald Trump n’a pas semblé disposé à abandonner son régime tarifaire mondial. Lors d’une réunion marathon du cabinet — qui s’est déroulée mardi devant des journalistes pendant plus de trois heures —, M. Trump a répété à plusieurs reprises que ses droits de douane permettaient d’alimenter les caisses fédérales et de revitaliser le secteur manufacturier national.

Le président a affirmé que «les usines sont en plein essor» et que la production automobile sera «passionnante» dans deux ans parce que les fabricants «construisent des usines dans tout le pays» en raison des droits de douane.