Trois ans après son retrait du territoire, ExxonMobil va-t-il reprendre ses quartiers en Russie ? Plusieurs éléments semblent indiquer un possible retour de la société pétrolière et gazière américaine dans le projet Sakhaline‑1.
Déjà, le 15 août, Vladimir Poutine signait un décret permettant aux investisseurs étrangers de reprendre des parts dans Sakhaline-1, un projet d’exploration et de production de trois champs de gaz offshore au large de l’île de Sakhaline. Une autorisation qui s’accompagne de consignes, notamment celle qui stipule que les actionnaires étrangers doivent entreprendre des actions en faveur de la levée des sanctions occidentales, et celle d’apporter les équipements nécessaires à la conduite du projet.
Ce n’est pas tout : d’après Reuters, en marge des négociations visant à parvenir à la paix en Ukraine, plusieurs responsables gouvernementaux américains et russes ont discuté de potentiels accords énergétiques – ceux-ci ayant été présentés comme des mesures incitatives pour encourager Moscou à faire des pas en faveur d’un accord de paix. Parmi leurs sujets de discussion a été évoquée la possibilité qu’ExxonMobil réintègre le projet pétrolier et gazier russe Sakhaline-1, a précisé l’agence britannique le 26 août.
Discussions avec la société russe Rosneft
Autant de signes qui semblent indiquer un retour prochain d’ExxonMobil sur le territoire russe. D’autant plus que la société est en discussion avec la russe Rosneft via son vice-président Neil Chapman, au sujet de sa réintégration dans le projet Sakhaline‑1, selon le Wall Street Journal. La société pétrolière américaine a reçu à plusieurs reprises, sous les administrations Biden et Trump, l’approbation du Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers. Si Exxon parvenait à revenir en Russie, il pourrait peut-être récupérer une partie de ses pertes de 2022.
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Pour Moscou, l’enjeu est évidemment d’attirer de nouveau des investissements occidentaux après la désertion de 2022, mais aussi de pallier les sanctions européennes qui pèsent sur l’économie du pays… Le tout, en envoyant un message diplomatique fort au reste du monde sur fond de guerre en Ukraine.
Car, rappelons-le, c’est après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 qu’ExxonMobil annonçait son retrait complet du projet Sakhaline‑1. Depuis 1995, l’entreprise américaine gérait ce projet au nom d’un consortium comprenant des filiales de l’entreprise russe Rosneft, une société indienne et une compagnie japonaise – elle en était actionnaire à hauteur de 30 %. ExxonMobil exploitait à l’époque trois grands champs pétroliers et gaziers offshore avec des opérations basées sur l’île de Sakhaline. Les actifs de l’entreprise en Russie étaient alors évalués à 4 milliards de dollars (3,45 milliards d’euros).
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