« L’escalade nucléaire de l’Iran ne doit pas aller plus loin », a déclaré jeudi Jean-Noël Barrot, le ministre français des Affaires étrangères. Plusieurs capitales avaient déjà brandi la menace de réactiver le « snapback » ces dernières semaines dans le dossier du nucléaire iranien.
Paris, Londres et Berlin ont fini par sévir en déclenchant, ce jeudi, le mécanisme pour réimposer les sanctions de l’ONU contre Téhéran, une démarche saluée par Israël. À l’initiative des trois pays européens le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence vendredi.
« L’Iran répondra de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée », a réagi Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères de Téhéran. La République islamique affirme également que la décision des Européens « compromettra gravement » sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). La Russe ne voit « aucune base légale » pour réimposer les sanctions.
Ce que réclament les Européens
Les trois pays « souhaitent notifier le Conseil de sécurité que, sur la base de preuves factuelles, le E3 (la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne) estime que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements » en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015 et « invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback », qui entame un processus de 30 jours permettant de réimposer toute une série de sanctions suspendues il y a dix ans, indique la lettre.
« Nous attendons désormais de l’Iran » : une « coopération totale avec l’AIEA », un « engagement clair en faveur de négociations avec les Etats-Unis », et des certitudes sur le sort du stock d’uranium iranien, a expliqué sur X le ministre allemand Johann Wadephul.
Wir erwarten jetzt von Iran: Volle Kooperation mit der #IAEO. Ein klares Bekenntnis zu direkten #Verhandlungen mit den USA. Überprüfbare, deeskalierende Schritte bei der nuklearen #Anreicherung. Noch bleiben 30 Tage, bis die UN-Sanktionen gegen Iran wieder in Kraft treten. 2/2
— Johann Wadephul (@AussenMinDE) August 28, 2025
Le sort des stocks de 400 kilos d’uranium à 60 %, permettant de fabriquer neuf bombes, demeure inconnu depuis qu’ils ont été visés par les bombardements israéliens et américains de juin.
Alors qu’ils avaient quitté unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 sous le premier mandat de Donald Trump, les États-Unis sont ouverts à des discussions « directes » avec Téhéran, a annoncé jeudi le secrétaire d’État Marco Rubio.
L’AIEA de retour à Bouchehr mais une coopération en pointillé
À la suite de cette guerre des 12 jours, en juin, l’Iran avait suspendu sa coopération, déjà limitée, avec l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mercredi, le patron de l’AIEA, Rafael Grossi, a annoncé qu’une équipe de l’agence était de retour en Iran.
Les inspecteurs de l’AIEA ont commencé leur travail mercredi sur le site de Bouchehr, la principale centrale nucléaire de production d’électricité du pays.
Pour autant, cela ne marque pas une reprise complète de la coopération sur le programme nucléaire de Téhéran, suspendue en juillet, selon Rafael Grossi. Jeudi Téhéran affirme que la décision des Européens « compromettra gravement » sa coopération avec l’AIEA
« Nous restons attachés à la diplomatie »
« Nous sommes déterminés à mettre à profit la période de 30 jours qui s’ouvre pour dialoguer avec l’Iran », tempère sur X Jean-Noël Barrot.
Avec mes collègues @AussenMinDE et @DavidLammy, nous avons officiellement notifié au Conseil de sécurité des Nations unies le non-respect notable par l’Iran de ses engagements au titre du Plan d’action global commun, et avons déclenché la procédure dite de « snapback ».…
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) August 28, 2025
« Nous restons attachés à la diplomatie pour garantir que l’Iran n’acquière jamais l’arme nucléaire » , ajoute-t-il, alors que les négociations entre l’E3 et Téhéran avaient repris le 25 août à Genève.