«Malgré d’intenses efforts diplomatiques, la Russie ne montre aucune intention d’arrêter sa guerre d’agression contre l’Ukraine», ont notamment souligné Paris et Berlin dans un communqiué commun.

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont retrouvés jeudi soir au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français, pour sceller la relance du couple franco-allemand, qui patinait depuis des années, avant un conseil des ministres conjoint ce vendredi à Toulon.

Les deux hommes ont tenu une conférence de presse notamment consacrée aux questions sécuritaires. Le Figaro fait le point sur les principales déclarations à retenir.


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Paris et Berlin vont fournir davantage de défense antiaérienne

La France et l’Allemagne vont fournir davantage de défense antiaérienne à l’Ukraine, «au regard des frappes russes massives » sur le pays ces dernières semaines, selon un communiqué commun publié vendredi à l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand dans le sud de la France.

«Malgré d’intenses efforts diplomatiques, la Russie ne montre aucune intention d’arrêter sa guerre d’agression contre l’Ukraine», soulignent Paris et Berlin.

Un dialogue stratégique va être entamé au plus haut niveau entre les deux pays

Les deux pays ont aussi annoncé qu’ils allaient entamer au plus haut niveau «un dialogue stratégique, mené par la présidence française et la chancellerie allemande, avec la participation des ministères des Affaires étrangères et de la Défense», selon un communiqué commun.

Emmanuel Macron, le président du seul État de l’Union européenne doté de l’arme nucléaire, avait dit être prêt à entamer un dialogue stratégique avec plusieurs partenaires, compte tenu de la dégradation de l’environnement sécuritaire international et du constat partagé par les Européens de la nécessité de renforcer leur capacité de défense.

Poutine va vers une «dérive autocratique», dit Macron qui réfute toute insulte à son encontre

Emmanuel Macron, qui avait qualifié son homologue russe Vladimir Poutine d’«ogre» et de «prédateur», a réfuté toute insulte à son encontre et de nouveau dénoncé la «dérive autocratique» et «l’impérialisme révisionniste» du maître du Kremlin.


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«Quand on dit qu’il y a un ogre aux portes de l’Europe (…), je crois que ça qualifie ce que les Géorgiens, les Ukrainiens et beaucoup d’autres nations ressentent très profondément, c’est-à-dire un homme qui a décidé d’aller vers une dérive autoritaire, autocratique et de mener un impérialisme révisionniste», a-t-il déclaré, répliquant aux accusations d’«insultes vulgaires» de la diplomatie russe.

Sans sommet avec Zelensky d’ici à lundi, Poutine se «sera joué» de Trump, affirme Macron

Si le chef de l’État russe ne rencontre pas son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’ici lundi comme demandé par Donald Trump, «cela voudra dire que le président Poutine se sera joué du président Trump», a estimé Emmanuel Macron.

Si cette réunion bilatérale «à laquelle le président Poutine s’est engagé auprès du président Trump» ne se déroule pas d’ici à lundi, «je crois qu’une fois encore, ça voudra dire que le président Poutine se sera joué du président Trump» et «ça ne peut pas rester sans réponse», a-t-il fait valoir.

«Nous parlerons l’un et l’autre au président Trump» ce week-end et «si nous devions constater la semaine prochaine qu’une fois encore, après des mois de promesses non tenues, ce n’était pas le cas, nous plaiderions très clairement pour que des sanctions primaires et secondaires soient prises» contre la Russie, a-t-il ajouté.

«Nous continuerons d’exercer la pression» pour des sanctions sur la Russie, indique Macron

Enfin, Paris et Berlin vont également continuer à faire «pression» pour que des sanctions supplémentaires soient imposées à la Russie, a affirmé Emmanuel Macron.


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«Nous continuerons d’exercer la pression pour que des sanctions supplémentaire soient prises par nous-mêmes, et nous y sommes prêts, mais aussi par les États-Unis d’Amérique pour forcer la Russie à revenir autour de la table des discussions» au sujet de la guerre en Ukraine, a-t-il déclaré au côté du chancelier allemand Friedrich Merz.

Selon lui, les «prochains jours seront déterminants», pour que Moscou donne des signes de sa volonté de mettre fin au conflit, comme le souhaite le président américain Donald Trump.

La guerre en Ukraine «pourrait encore durer de nombreux mois», avertit Merz

La guerre en Ukraine «pourrait encore durer de nombreux mois» mais les soutiens de Kiev «sont prêts» à poursuivre leur aide, a averti le chancelier allemand Friedrich Merz.

«Cette guerre pourrait encore durer de nombreux mois. Nous devrions en tout cas nous y préparer. Nous sommes prêts», a déclaré M. Merz, pour qui «maintenir cette coalition des volontaires» est une priorité du couple franco-allemand.