Sa prise de parole était très attendue. Après une première apparition dans l’émission de Cyril Hanouna, « Tout beau, tout n9uf » il y a quelques jours, l’ancien chroniqueur de TPMP, Matthieu Delormeau, était de retour ce jeudi soir sur ce même plateau, pour revenir en détail sur sa descente aux enfers, marquée notamment par la dépendance à la cocaïne. Interpellation, garde à vue, cure de désintoxication… Le producteur, parfois au bord des larmes, n’a éludé aucun sujet.

Il a commencé par rassurer les téléspectateurs sur son état de santé : « Je me drogue plus, je fais du sport une heure par jour », a-t-il confié, évoquant les conséquences de ses excès passés, se souvenant des critiques acerbes : « Le lendemain tu te prends dans la tronche ‘bouffi, il n’arrive plus à parler’. » Malgré cela, il affirme aujourd’hui : « j’ai beaucoup progressé sur le mental, effectivement je m’en bas les couilles (des critiques, NDLR) ».

L’ancien chroniqueur de TPMP, est revenu sur son départ de l’émission et les difficultés qui ont suivi : « Quand j’ai quitté l’émission y’a deux ans, derrière personne n’a voulu travailler avec moi. Y’a un moment c’est très dur quoi ». Selon ses dires, les chaînes de télévision l’ont « massacré » après son départ, et la société de production avec laquelle il travaillait a coulé.

Le cinquantenaire a également souligné l’isolement qu’il a ressenti, en raison de sa proximité avec Cyril Hanouna : « Toutes les sociétés m’ont dit ‘tu es le bras droit d’Hanouna, tu vas payer’. Mon mec me quitte : il a raison, je fais des bêtises. Je n’ai plus de prod, plus de chaîne, plus de mec ».

150 000 euros de pertes

Les « bêtises », c’est notamment sa consommation de cocaïne, un moyen, dit-il, d’échapper à « l’anxiété » et qu’il estime beaucoup plus accessible qu’auparavant. Matthieu Delormeau témoigne de la banalisation de la consommation de cette drogue dans les soirées qu’il fréquentait, où « tout le monde en prend » et qui l’a conduit dans une spirale infernale : « Au bout de six mois, le produit fait effet et te met en dépression. Et t’en prends pour te sortir de la dépression ».

Les conséquences financières auraient été désastreuses pour lui, avec des pertes s’élevant à 150 000 euros. Il confie d’ailleurs qu’il ne pouvait plus travailler sans consommer : « Le matin, j’essayais de travailler et j’arrivais pas sans le produit. Je ne pouvais même pas ouvrir un texto ».

Delormeau a également partagé son expérience avec la police et la justice, après son arrestation pour une transaction de drogue : « J’ai vécu la police, la justice, tu vois à quel point c’est une cata. Ils te mettent la tête contre la moquette et t’es en GAV. Ils m’ont mis dans un cachot, 4m², un chiotte turc, une caméra… On peut être 4/5 par truc (cellule de garde à vue, NDLR) ».

VidéoL’animateur Matthieu Delormeau en garde à vue après une transaction de cocaïne à Paris

Mais c’est sans doute sa cure de désintoxication qui lui a laissé le souvenir le plus difficile. Matthieu Delormeau raconte avoir passé quatre semaines dans une clinique qu’il compare à une prison. Il y décrit un quotidien strict : « Tu ne peux rien faire seul. À 18 heures tu dînes, si t’as pas dîné on t’appelle. Tu parles avec quelqu’un dans le couloir, un micro te dit de ne pas rester dans le couloir ».

Enfin, l’animateur a évoqué une récente polémique, survenue au sujet d’une photo suggestive qu’il aurait partagée « par erreur » sur un réseau social et qui lui a valu nombre de moqueries, mais aussi un sentiment de honte vis-à-vis de ses proches. Sa sœur, en poste chez TF 1, l’aurait contacté pour lui demander de retirer cette photo, craignant pour l’image de la famille : « Elle aurait préféré s’appeler « Julie ‘jmen bas les couilles’plutôt que Julie Delormeau », confie l’animateur avec humour et un brin de désinvolture, avant que Cyril Hanouna lui rappelle à quel point il l’« aime ».

Pour l’animateur de W9, Matthieu Delormeau est d’ailleurs « le plus grand talent rencontré en télé » dans toute sa carrière. La hache de guerre est définitivement enterrée entre les deux hommes, ça ne fait plus l’ombre d’un doute.