« Je me suis dit : chez moi plutôt qu’ailleurs. Au moins, ils trouveront mon corps dans ma maison. Mourir sur sa terre, c’est mieux que l’exode », témoigne l’un des nombreux protagonistes de Pour l’honneur de Gaza. Dans ce documentaire projeté vendredi 19 septembre au Gyptis, Iyad Alasttal raconte la survie mais aussi les espoirs des habitants de cette ville bombardée sans relâche par l’armée israélienne, à travers une galerie de personnages allant d’un pêcheur à un marionnettiste en passant par des musiciens.
Humaniser
« Depuis le début de la guerre, on entend souvent qu’un seul narratif qui les décrit comme des animaux sauvages. On ne considère aussi les morts et les déplacés que comme des chiffres », a déploré sur France 24 le journaliste palestinien, qui sera présent au cinéma de la Belle de Mai pour échanger avec le public. Avec Pour l’honneur de Gaza, Iyad Alasttal remet leur humanité au centre, tandis que l’épuration, la colonisation et la famine organisée par Israël se poursuivent en toute impunité. « La plupart des médias ne montrent jamais la vie quotidienne : comment un enfant fait pour aller à l’école, comment un salarié fait pour se rendre au travail », précise-t-il. Comme le regrette une jeune fille dans le documentaire, « nous vivons dans un monde hypocrite qui prétend défendre les droits de l’homme et qui ignore les nôtres à Gaza ».
Philippe Amsellem