L’État menace de ne plus subventionner ces deux lignes internationales et reproche à la SNCF de ne pas avoir rendu ces liaisons quotidiennes comme elle s’y était engagée.

Leur retour célébré en grande pompe avait marqué la renaissance des trains de nuit internationaux en France. Les liaisons Paris-Vienne et Paris-Berlin, en circulation depuis fin 2021 et fin 2023, pourraient disparaître en fin d’année. La raison ? L’État, autorité organisatrice de la ligne sur la partie française, menace de ne plus verser de subventions à la SNCF, qui exploite les Nightjet en collaboration avec ses homologues autrichien (ÖBB) et allemand (Deutsche Bahn).

«En cause, les opérateurs n’ont pas tenu leur promesse de créer une desserte quotidienne», rappelle le collectif Oui au train de nuit dans un communiqué. Or c’est l’une des conditions pour assurer la viabilité économique de la ligne et une baisse des coûts fixes. Actuellement, les trains circulent trois fois par semaine, alors que les compagnies partenaires s’étaient engagées à passer à une fréquence quotidienne dès l’automne 2024.

Des billets non vendus sur SNCF Connect


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Autre point de crispation pour le collectif : les Nightjet Paris-Berlin et Paris-Vienne ne sont plus vendus sur SNCF Connect, alors qu’ils l’étaient lors de leurs premiers mois de circulation. Une absurdité quand on sait que la SNCF cogère la liaison. Les réservations doivent se faire sur le site officiel autrichien nightjet.com, peu connu des voyageurs français.

La menace de suppression de ces lignes intervient alors qu’elles ont affiché des taux de remplissage honorables de 66 % en 2024. Le tout malgré une ponctualité toute relative et des suppressions inopinées, dues en partie aux travaux réalisés sur les infrastructures dans les trois pays desservis.

«Un engagement à faire rouler les trains quotidiennement»

«Au final, les trains de nuit internationaux sont en 2025 dans la même situation que les trains de nuit nationaux en 2015 : la SNCF dégrade le service et encourage ainsi l’État à s’en débarrasser, sur fond de cadre réglementaire mal adapté», déplore Oui au train de nuit. Pour éviter leur arrêt définitif, le collectif suggère de renégocier la subvention auprès de l’État «en échange d’un engagement des opérateurs à faire rouler les trains quotidiennement».

Oui au train de nuit, qui a lancé une pétition en ligne, appelle à une mobilisation lors d’une «Pyjama Party» organisée sur le parvis de la gare de l’Est de Paris ce vendredi 26 septembre à 18 heures, une heure avant le départ du Paris-Vienne. L’un des derniers avant fermeture ?

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