Vous avez lancé une étude sur l’arthrose du genou avec le Centre hospitalier universitaire de Brest. Pourquoi ?

Pr Alain Saraux : « L’arthrose du genou est une usure du cartilage du genou qui peut être douloureuse de façon chronique chez 4 à 6 % des personnes de plus de 50 ans. Après avoir suivi des traitements, si les gens sont gênés par la douleur, ils consultent un chirurgien qui peut leur proposer une prothèse. Mais cette prothèse ne corrige pas la mauvaise hygiène de vie, souvent à l’origine de l’arthrose du genou. La société française de rhumatologie a écrit des recommandations sur le traitement médical à suivre avant d’être opéré : remuscler le quadriceps, perdre du poids, faire de l’activité physique, porter des semelles orthopédiques, utiliser des bâtons de marche, etc. Ce traitement peut faire passer les crises douloureuses, retardant, voire évitant l’opération. Avec des rhumatologues et chirurgiens de la région, nous avons lancé l’étude clinique Incredible pour comparer les résultats du suivi médical intensif et de la chirurgie par prothèse totale. L’étude vient d’ouvrir à Brest et sera mise en place dans le reste de la France en octobre 2025 ».

Qui peut participer à l’étude clinique ?

« Nous recherchons des personnes à qui une prothèse a été proposée par un chirurgien, mais qui hésitent. Mille participants pourront prendre part à l’étude. En fonction de ce qui est préférable, ils seront opérés ou suivront un traitement médical. Chez certains, ce choix se discute : il leur sera proposé d’être tiré au sort, soit pour faire l’opération, soit pour un traitement médical de deux ans (anti-douleurs, rééducation, perte de poids, etc.) ».

Une étude clinique, ça peut faire peur. Qu’est-ce que vous diriez à ceux qui hésitent à se lancer ?

« Il est prouvé que toute personne dans une étude clinique est mieux soignée que quelqu’un qui n’y est pas. C’est beaucoup plus protocolisé et fait avec davantage de moyens, parce qu’on a plus de personnel dédié. Les gens ont les meilleurs moyens existants à leur disposition. Ils n’ont rien à perdre, ils ne peuvent qu’y gagner ! ».

Pratique

Les personnes souhaitant participer à l’étude clinique peuvent contacter le CHU de Brest au 07 71 35 73 43 (mardi, mercredi et jeudi de 9 h à 17 h) ou par courriel : [email protected]