Si le Premier ministre britannique a enregistré des succès incontestables à l’international ces quinze derniers mois, son bilan au niveau national est moins glorieux.
Les travaillistes britanniques se réunissent à partir de dimanche pour un congrès annuel à haut risque pour le Premier ministre Keir Starmer, de plus en plus contesté dans son propre camp, où certains doutent de sa capacité à résister à la montée de l’extrême droite.
Quinze mois seulement après son arrivée au pouvoir, le chef du gouvernement accumule les déboires. L’économie est au ralenti, le chômage à son plus haut en quatre ans, l’immigration illégale bat des records, l’inflation reste plus élevée qu’ailleurs en Europe.
Et la rentrée a été particulièrement compliquée pour lui. En quelques semaines, il a fait face à la démission de sa vice-Première ministre, Angela Rayner, emportée par une erreur fiscale, au départ de plusieurs conseillers de Downing Street, et au limogeage de son ambassadeur aux États-Unis, Peter Mandelson, rattrapé par ses liens avec le délinquant sexuel et financier américain Jeffrey Epstein.
«Il a le parti et le pays contre lui»
Dans ce contexte, le congrès qui se tient à Liverpool (nord de l’Angleterre) sera l’occasion pour les militants «d’exprimer leur mécontentement à l’égard de Keir Starmer», dit à l’AFP Steven Fielding, professeur de sciences politiques. «Il a le parti et le pays contre lui», ajoute-t-il, alors que le peu charismatique locataire de Downing Street n’a que 27% d’opinions favorables, selon l’institut YouGov.
Certes M. Starmer a enregistré des succès incontestables à l’international, comme la bonne relation qu’il a pu développer avec Donald Trump, la coordination de l’effort européen de soutien à l’Ukraine, et le rapprochement avec l’Union européenne (UE). Samedi, sa ministre des Finances Rachel Reeves a d’ailleurs plaidé dans le Times en faveur d’un accord «ambitieux» avec l’UE permettant la mobilité des jeunes travailleurs après le Brexit.
Les prochaines législatives
Mais le bilan de M. Starmer au niveau national est moins glorieux. Sa réforme des aides sociales au printemps, finalement avortée après une fronde dans son parti, et le gel des aides au chauffage pour les retraités ont alimenté la colère des Britanniques et de l’aile gauche du Labour.
Le remaniement gouvernemental après la démission d’Angela Rayner début septembre, essentiellement un jeu de chaises musicales entre les occupants des principaux maroquins, n’a pas changé grand-chose. Certains voient même les jours de Keir Starmer comptés à Downing Street.
Le Premier ministre doit s’exprimer mardi à Liverpool devant les militants, et entend notamment présenter les prochaines législatives, prévues en 2029, comme un choix entre le «renouveau patriotique» qu’il défend et la «division toxique» du parti d’extrême droite Reform UK. «L’Histoire ne nous pardonnera pas si nous ne mettons pas toute notre énergie à lutter contre Reform, qui est un ennemi», a-t-il déclaré dans une interview publiée samedi dans le Guardian.