Les dirigeants européens et le président russe ont le regard braqué sur les élections en Moldavie ce dimanche. Les enjeux du scrutin dépassent largement le cadre du petit pays de 2,6 millions d’habitants, écartelé entre l’Europe et la sphère d’influence de la Russie.
Plusieurs centaines de manifestants ont défilé vendredi dans la capitale Chisinau en brandissant le drapeau européen à côté de celui de la Moldavie. Les partisans de la présidente proeuropéenne Maia Sandu accusent la Russie de chercher à leur voler l’élection en manipulant le scrutin au profit de politiciens pro-russes.
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L’ingérence de la Russie passe par des achats de voix et des opérations de désinformation sur les réseaux sociaux. Le Kremlin est accusé de dépenser des millions d’euros pour faire basculer la Moldavie dans son giron.
Les partis pro-russes et antieuropéens récusent tout lien avec le Kremlin. Ils reprochent au gouvernement d’utiliser les rumeurs d’ingérence russe pour justifier une annulation du scrutin en cas de résultats défavorables. L’opposition fait un parallèle avec la Roumanie, où le premier tour de la présidentielle de novembre 2024 a été annulé par la Cour constitutionnelle après des soupçons de manipulation russe sur TikTok.
Une région séparatiste occupée par l’armée russe
Les élections législatives se tiennent dans le contexte de la guerre en Ukraine qui partage une frontière de près de 1 000 kilomètres avec la Moldavie. Le gouvernement moldave a limité le nombre de bureaux de votes dans la région séparatiste de Transnistrie, qui réclame son rattachement à la Russie et où Moscou maintient une présence militaire.
Le choix offert aux électeurs moldaves est simple : poursuivre le cap européen ou retourner dans l’orbite de la Russie, dont la Moldavie s’était éloignée après l’invasion de l’Ukraine. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE) ont débuté en juin 2024, en même temps que celles de l’Ukraine.
La candidature de la Moldavie pourrait prendre de vitesse celle de Kiev, compliquée par la guerre, et devenir la vitrine de l’élargissement de l’UE vers l’Est, malgré les pressions russes. Le projet européen a été approuvé par les électeurs moldaves lors d’un référendum en octobre 2024, remporté de justesse par le camp pro-UE après une campagne marquée par des tentatives de manipulation orchestrées depuis l’étranger.
Un soutien politique et financier de l’Union européenne
« Les élections législatives représentent un test crucial pour la démocratie et l’avenir européen de la Moldavie, laboratoire des rapports entre l’Union européenne et la Russie dans l’espace post-soviétique », explique le chercheur Florent Parmentier dans une note pour l’Ifri (Institut français des relations internationales).
La Moldavie, un des pays les plus pauvres en Europe, va bénéficier d’un financement de 1,9 milliard d’euros de Bruxelles pour accélérer ses réformes socio-économiques et avancer vers son intégration européenne. Fin août, Emmanuel Macron était en Moldavie avec le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre polonais Donald Tusk pour réaffirmer leur soutien à la souveraineté et au virage pro-européen du pays.
Les tensions économiques et sociales vont également peser sur le scrutin qui s’annonce serré. Les Moldaves se plaignent d’une forte inflation et regrettent la fin des livraisons de gaz bon marché que la Russie a interrompu pour punir le pays qui fait aussi face à une émigration massive. Plus d’un million de Moldaves travaillent à l’étranger. Leur vote pourrait être décisif.