Par
Cédric Nithard
Publié le
28 sept. 2025 à 9h15
; mis à jour le 28 sept. 2025 à 10h14
À six mois des municipales, la situation avance progressivement à Montpellier. Et même si peu de candidats sont déclarés, certains avancent déjà des propositions, tandis que les alliances se font ou sont en discussion. Dans cette première phase débutée avec l’entrée en vigueur de l’obligation de réserve, il s’agit surtout de se jauger, prendre du poids et constituer les blocs avant la deuxième phase en janvier et la véritable campagne. Avec un premier rendez-vous le 26 février, date limite de dépôt des listes, où nous connaitrons alors toutes les forces en présence qui se présenteront devant les électeurs montpelliérains les 15 et 22 mars 2026. Tour d’horizon des différents candidats qu’ils soient déclarés, en attente ou potentiels.
Trois candidats déclarés
Que ce soient les politiques ou les observateurs, tout le monde a en tête la précédente campagne des municipales à Montpellier qualifiée par beaucoup de « campagne la plus folle de France ». Celle-ci en prendra-t-elle la même tournure ? Comme chaque campagne électorale, les épisodes ne devraient pas manquer, mais de là à faire aussi fort que la dernière fois, les protagonistes devront se surpasser dans une forme de médiocrité. Ce que l’on ne souhaite pas pour la qualité des débats.
En 2020, quatorze candidats s’étaient présentés devant les électeurs. Seront-ils aussi nombreux ? Pour l’heure, trois candidats sont officiellement déclarés. Isabelle Perrein est partie la première il y a deux ans pour combler son manque de notoriété. Depuis, le nom de la notaire bruisse en ville avec de premières orientations axées sur les commerçants, la sécurité, les mobilités… en ayant depuis présenté un programme déjà dense. Si elle refuse toute étiquette politique en ayant derrière elle Joseph Francis de l’UDI et l’attention des LR locaux peu enclin à présenter quelqu’un, Isabelle Perrein devrait largement séduire à droite en espérant ratisser au centre et convaincre à gauche.
Le gauche et le centre, c’est justement là où Serge Martin, ancien socialiste, puis directeur de campagne de Mohed Altrad, entend puiser la base de son électorat. Après avoir créé son mouvement Social Démocratie et Écologie et en ayant dévoilé quelques propositions concernant la petite enfance, la sécurité, l’économie ou encore la citoyenneté active, le conseiller municipal espère séduire à gauche les déçus de Michaël Delafosse et ceux qui ne se retrouvent pas dans Les Écologistes et La France Insoumise.
Dernière personne à s’être déclarée candidat, le controversé Denis Agret. L’ancien médecin connu pour ses critiques sur la gestion de la crise sanitaire durant la pandémie de covid 19 et ses positions antivax, radié de l’Ordre des médecins en 2024 pour cela, se définit désormais comme un lanceur d’alerte. À voir s’il sera au départ de la course le 26 février.
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Plusieurs autres ont fait un pas en direction d’une candidature, à l’instar de Thierry Tsagalos pour le Rassemblement National qui a demandé l’investiture du parti. Après l’échec des précédentes municipales, dont il estime même qu’il n’y avait pas de liste RN, et poussé par de bons scores aux législatives et aux européennes dans l’Hérault, ce dernier croit en ses chances sur une terre historiquement à gauche.
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Chez les Écologistes, le député Jean-Louis Roumégas, néanmoins pas encore tête de liste, est revenu en odeur de sainteté en sortant vainqueur des assemblées du groupe local. En ayant convaincu l’APRÉS – les purgés de la France Insoumise – et Génération.S., le parti fondé par Benoît Hamon, de le rejoindre, ils ont constitué le Printemps Montpelliérain comme force de gauche anti-Delafosse.
Soit exactement le même positionnement que La France Insoumise qui, faute d’avoir pu dégager une tête de liste a nommé quatre co-chefs de file histoire de contenter toutes les mouvances internes. La députée Nathalie Oziol semble pourtant se détacher. D’autant plus après l’entrée en campagne de Cause Commune, où l’on retrouve l’ancienne candidate aux municipales Alenka Doulain que beaucoup pressentaient comme tête de liste LFI. En toute logique, les trois forces auraient de quoi s’unir si ce n’est quelques points de discorde et notamment la présence de René Revol au côté de Michaël Delafosse pour conduire le projet d’unité CSR à la Métropole. Le maire de Grabels a toutefois repris des couleurs auprès de certains avec l’épisode des drapeaux palestiniens qu’il n’a pas hésité à lever malgré les réprimandes du préfet de l’Hérault. Il n’est pas non plus exclu, suivant la tournure des événements, que Cause Commune attire des déçus écologistes et insoumis. Sans oublier la perspective du second tour qui rétrospectivement pourrait être amusante compte tenu des prises de position de chacun.
Tout n’est toutefois pas encore réglé du côté des Écologistes puisque les élus de la majorité, mis à défaut par le groupe local, entendent rester fidèles à Michaël Delafosse en poursuivant une campagne de terrain débutée avec Les Écologistes pour Montpellier. Un choix qui leur a valu une suspension temporaire jusqu’à décembre par le Bureau politique national avant une décision du conseil disciplinaire. Leur position locale a d’autant plus été mis à mal par la patronne des Verts Marine Tondelier qui a conforté Jean-Louis Roumégas dans sa démarche.
Dernier à avoir avancé ses intentions en hésitant encore, Philippe Saurel. L’ancien maire de Montpellier, ayant perdu son siège sans avoir réellement combattu, défend toujours son indépendance hors des partis politiques. Il a tout de même été séduit par la démarche du mouvement UTILES, émanation du groupe LIOT à l’Assemblée nationale qui réunit des députés de différentes sensibilités, et a adhéré récemment à l’association Les Gueux montée par l’écrivain Alexandre Jardin et le maire de Saint-Brès Laurent Jaoul. Les oracles d’Athènes ayant prodigué la prudence, Philippe Saurel attend un jour faste pour annoncer une candidature à laquelle il ne cache pas travailler.
En attente
Au centre, occupé par Renaissance et Horizons, les noms des anciennes élues de Philippe Saurel, Patricia Mirallès et Stéphanie Jannin sont régulièrement avancés. Partiront-elles ensemble où chacune de leur côté ? Le MODEM, qui a nommé Gaspard Lépine et Michel Dereymond comme chefs de file, ne devrait pas présenter de candidat, mais s’agglomérer à un bloc centriste.
À gauche, Place Publique, fondé par Raphaël Glucksmann, a également nommé des chefs de file Virginie Chambard et Christophe Bourdin. Ce dernier étant élu de la majorité municipale, il serait donc étonnant de ne pas être qu’un logo ajouté à celui du Parti Communiste et du Parti Radical de Gauche sur une future liste de Michaël Delafosse.
Le maire n’a toutefois pas encore pris sa décision ; même si là aussi il serait étonnant qu’il ne brigue pas un deuxième mandat. Une décision qu’il annoncera en janvier après avoir consulté sa famille et, vu comme une conclusion du mandat, inauguré la ligne 5 de tramway le 20 décembre. De plus, le socialiste, à l’instar de toutes les forces de gauche, attend certainement que les partis s’entendent sur une stratégie nationale en vue des municipales pour préparer la présidentielle de 2027 et ainsi procéder à une forme d’arbitrage. Marine Tondelier a déjà donné le ton pour les Écologistes. Michaël Delafosse devra faire sans. La question pourrait également se poser pour le Parti Animaliste.
Interrogations et surprises
L’interrogation se pose pour deux personnalités. Tout d’abord l’homme d’affaires et président du MHR Mohed Altrad retentera-t-il l’aventure ? Beaucoup lui prête cette intention quand d’autres espèrent un soutien de sa part. En guerre ouverte avec Michaël Delafosse sur la question du stade, lui seul à la réponse. Prévu en décembre 2025, le procès en appel de l’affaire dite « Laporte-Altrad » a finalement été repoussé à septembre 2026, soit quatre ans après le premier délibéré qui avait vu Mohed Altrad jugé coupable de corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux en étant condamné à 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et une peine complémentaire d’inéligibilité. Un caillou qui reste donc dans la chaussure du président du MHR.
Après avoir contribué largement à la folie de la précédente campagne, Rémi Gaillard sera-t-il encore de la partie ? Aussi discret, pour ne pas dire absent, sur le terrain des luttes, qu’actif sur les réseaux sociaux, il n’a jamais caché son intention d’être au rendez-vous en 2026 avec comme cible principale Michaël Delafosse. Mais reviendra-t-il dans la course comme candidat, soutien actif d’un autre ou simplement en agitateur ? De plus, la surprise passée de sa première candidature, en ayant échoué de peu à se qualifier au second tour, et certains choix et prises de position, le porteront-ils à nouveau ? Rien n’est moins sûr.
D’autres devraient venir ajouter leur voix et revendications spécifiques comme Lutte Ouvrière, dont l’ancien candidat Maurice Chaynes est décédé en 2023. Enfin, il n’est pas à exclure des candidatures surprises pour compléter un casting déjà propice à quelques épisodes. Alors la campagne 2026 sera-t-elle aussi folle que 2020 ? Aux différents protagonistes de se montrer dignes de l’enjeu. En tout cas, pour les observateurs, elle sera politiquement passionnante à suivre. Avec un espoir : que les électeurs soient au rendez-vous les 15 et 22 mars 2026.
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