Vous vous êtes produits à Saint-Chamond, il y a moins de deux mois, vous êtes au Zénith de Saint-Étienne, samedi soir. Vous vous sentez bien dans la région stéphanoise ?

« Je suis venu beaucoup de fois jouer ici, ça doit être la septième ou huitième fois que je m’y produis. Je dirais pas que je connais bien la ville, car je n’y suis pas né et je n’y ai pas grandi mais je viens de Grenoble, c’est pas très loin donc j’y suis passé oui. »

À Saint-Chamond, vous jouiez salle Aristide-Briand, cette fois à Saint-Étienne, c’est un Zénith qui est bien plus grand. Est-ce que la taille du lieu où vous vous produisez change quelque chose pour vous ou votre spectacle ?

« La forme de ce spectacle fait que je peux le jouer dans une salle de 150 ou de 5 000 places. Il a la même portée. Je trouve que plus il y a du monde, plus c’est facile, car il y a plus d’énergie dans la salle, c’est vibrant. »

L’affaire Perdriau : une histoire sordide, ce qu’il peut y avoir de plus bas chez l’être humain

Waly Dia

Vous ne manquez pas d’aborder dans votre spectacle, les affaires qui concernent la classe politique. Allez-vous faire référence au contexte politico-judiciaire qui secoue Saint-Étienne depuis deux ans et demi  ?

« J’ai évidemment suivi cette histoire sordide quand c’est sorti. C’est nos politiques dans toute leur splendeur, dans tout ce qu’il peut y avoir de plus bas chez l’être humain. Je vais me replonger dedans, notamment en lisant la presse locale, pour avoir tous les détails que j’ai pu oublier ou auxquels j’ai échappé. »

Votre spectacle évolue-t-il au fil de l’actualité ? Et notamment de l’actualité politico-judiciaire très chargée ces dernières semaines avec les affaires concernant Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen.

« J’essaie de pas être trop dépendant de l’actualité, car ça change tout le temps. Mais j’intègre à chaque fois ce qui vient de se passer pour avoir un peu de croustillant. Mais en fait, si on regarde bien, les noms changent mais les phénomènes ne changent pas. Et je m’intéresse plus aux phénomènes pour dire qu’en fait, il y a juste à mettre un nouveau nom dessus. Sarkozy, j’en parlais déjà dans mon spectacle d’avant. Et c’est toujours pareil, il sera en procès jusqu’à ses 80 ans. C’est plus ça que j’ai envie de dénoncer, le fait que ça dure longtemps. »

« Tout est fait pour qu’on ne puisse pas supporter son voisin »

On sent une colère, sur scène quand vous évoquez ces sujets politico-judiciaires.

« C’est une petite révolte face à ces injustices et de mon impuissance en tant qu’individu. Individuellement, on est impuissants mais collectivement non. Pourquoi on n’arrive pas à se fédérer et à lutter ensemble ? Parce que tout est fait pour qu’on ne puisse pas supporter son voisin. »

Sur scène, vous militez pour une convergence des luttes face aux puissants. Vous y croyez ?

« Quand je vois l’énergie et les milliards qu’ils mettent pour diviser les gens, je me dis que la solution, c’est de lutter. Maintenant, est-ce qu’on va y arriver ? Si personne n’essaie de le suggérer, on n’y arrivera pas. Si je peux apporter ma goutte d’eau, je le fais. »

« Je prépare plusieurs projets de fiction »

Par le rire, c’est plus efficace selon vous ?

« On n’est pas obligés de souffrir quand on veut avancer et faire valoir nos idées. On peut le faire en musique, en spectacle, en écrivant un livre… On peut divertir avec des trucs très sérieux. »

Vous arriviez à le faire également dans vos chroniques du Grand Dimanche soir sur France Inter, émission arrêtée en juillet. Beaucoup de vos anciens camarades de cette émission, comme Aymeric Lompret, Guillaume Meurice ou Djamil Le Shlag ont rejoint Radio Nova. Pourquoi ne pas les avoir suivis ?

« Je suis mon propre chemin. J’ai fait le choix de faire des chroniques sur Mediapart, c’était ma place. Beaucoup de mon travail vient du leur, c’est avec les enquêtes de leurs journalistes que je fais mes vannes. Entre fouilles-merde, autant se retrouver… Peut-être que je reviendrais en radio, un jour. »

« Je prépare plusieurs projets de fiction »

Vous jouez ce spectacle Une Heure à tuer depuis quinze mois. Vous pensez déjà à la suite ?

« Je prépare plusieurs projets de fiction que je pourrai mettre en place l’année prochaine. Je joue mon spectacle jusqu’en décembre. Et puis j’aimerais revenir sur scène très vite, car je n’arriverai pas à m’en passer plus d’un an. »