Avec l’entrée de Liberty Media dans les Grands Prix moto, des parallèles sont forcément faits avec la Formule 1, dans laquelle le groupe américain est déjà impliqué. L’un des sujets qui fait le plus parler concerne la distinction faite entre les différentes catégories du championnat.
Sans avoir attendu son changement d’actionnariat en 2017, la F1 se démarque par une séparation beaucoup plus nette avec ses catégories supports. Alors que le Moto3 et le Moto2 sont véritablement perçus comme des étapes directes vers la catégorie MotoGP, au point que les trois championnats partagent exactement le même calendrier et que des ponts soient très nettement établis, y compris avec des équipes engagées dans plusieurs classes, la F1 fonctionne comme un championnat à part, accessible par des voies plus variées que les tremplins offerts par la F3 et la F2.
Et, surtout, la communication est bien différente puisque l’on n’intègre pas les succès acquis dans ces deux séries au palmarès mis en avant pour un vainqueur ou un champion du monde de Formule 1. En MotoGP, en revanche, il est très fréquent de faire valoir le nombre de victoires et de titres acquis toutes catégories confondues.
Les épreuves Moto2 et Moto3 ont d’ailleurs bien l’appellation de Grands Prix, ce qui n’est pas le cas en Formule 2 et Formule 3, de même que ces deux derniers ne sont pas officiellement comptés comme des championnats du monde au contraire du Moto2 et du Moto3.
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Il n’en fallait pas plus pour qu’apparaissent des craintes quant à la manière dont Liberty Media pourrait vouloir réduire la visibilité apportée aux petites cylindrées, amplifiées par la communication autour du nouveau titre de Marc Márquez qui a porté, de la part du championnat et des diffuseurs TV, autour de son septième sacre en MotoGP plutôt que du neuvième qu’il atteint toutes catégories confondues. Carlos Ezpeleta, directeur sportif du championnat, a toutefois démenti catégoriquement que les titres acquis dans les catégories inférieures seraient désormais exclus des communications sur les palmarès des pilotes MotoGP.
« Les championnats du monde sont des championnats du monde, et les titres mondiaux sont les titres mondiaux », a affirmé Carlos Ezpeleta le week-end dernier, auprès du site officiel du MotoGP. « Tous ceux qui ont été attribués continueront à compter, c’est juste une question de formulation et de détails. Il y a eu un changement de tendance en raison de l’évolution du championnat tel qu’il est aujourd’hui, plus grand que jamais et plus important qu’il ne l’a jamais été à l’échelle mondiale. »
« À l’heure actuelle, il est clair que l’objectif ultime des pilotes de Moto3 est d’accéder au MotoGP. Avant, certains pilotes remportaient beaucoup de succès dans une catégorie et ne passaient pas dans celles des plus grosses cylindrées, mais ce n’est plus la réalité actuelle. Il est difficile de déterminer précisément en quelle année cela a cessé. »
Le MotoGP célèbre traditionnellement les champions des trois catégories en même temps, ici Ai Ogura (Moto2), Jorge Martín (MotoGP) et David Alonso (Moto3) en 2024.
Photo de: MotoGP
Ce qui a aussi pu créer de la confusion sur ce point, c’est notamment que le championnat a annoncé ce mois-ci la création d’un nouveau Hall of Fame, distinct du statut de Légende attribué à de nombreux anciens pilotes. Pour entrer au Hall of Fame, il faudra compter au minimum deux titres ou 25 victoires en MotoGP, ce qui exclut certains noms auxquels le public notamment est attaché.
« Nous avons toujours des Légendes MotoGP, et cela va continuer. Nous avons créé un nouveau Hall of Fame pour les plus grands noms de la catégorie reine de ce sport, mais l’un n’exclut pas l’autre », a assuré Carlos Ezpeleta.
« Le Moto2 et le Moto3 ne sont pas seulement des catégories tremplins, ce sont des championnats du monde qui font partie des Grands Prix mondiaux. Les autres catégories, celles des Talent Cups, sont effectivement des catégories tremplins et n’ont pas d’objectif commercial majeur autre que de servir de plateforme pour les pilotes. Il existe une distinction très nette entre le Moto2 et le Moto3, d’une part, et le reste du Road to MotoGP, d’autre part. »
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Pas question d’exclure Moto2 et Moto3 des week-ends de GP
Carlos Ezpeleta a également tenu à répondre à d’autres rumeurs apparues récemment, en affirmant que les catégorie Moto2 et Moto3 resteront centrales dans l’écosystème des Grands Prix moto et dans le programme des week-ends de course.
« Je pense que tout le monde sait à quel point le Moto2 et le Moto3 sont importants pour le championnat du monde, mais il est probablement juste de le répéter plus souvent car il semble y avoir eu beaucoup de rumeurs ces dernières semaines », a déclaré le directeur sportif du MotoGP.
« Certaines m’ont impressionné », a-t-il poursuivi, « des choses comme le fait de ne pas courir à chaque épreuve, de courir le samedi… C’est complètement infondé. Nous répétons en permanence, aussi bien en interne qu’auprès des fans, à quel point le Moto2 et le Moto3 sont importants et l’atout qu’ils représentent pour le championnat. »
Diogo Moreira, aujourd’hui deuxième du championnat Moto2, est attendu en MotoGP la saison prochaine.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
« [Ils servent] aussi à ce que les stars de demain soient repérées et présentées aux fans aussi rapidement que possible. Le Moto2 et le Moto3 font partie intégrante du championnat, et continueront à l’être. Dans le MotoGP en tant qu’écosystème, nous sommes fiers de dire qu’aucune autre discipline de sports mécaniques n’investit autant dans sa pyramide, pour garantir que ce sport continue à se développer et que de plus en plus d’enfants le pratiquent. Nous en sommes très fiers. »
Pour autant, Carlos Ezpeleta a confirmé que le paddock va se réorganiser, de sorte que les installations des équipes Moto2 et Moto3 vont être séparées de celles de la catégorie MotoGP. « Il va bien sûr se passer des choses derrière les stands, des aménagements physiques dans le paddock, ce qui impliquera également d’investir dans de meilleures installations, plus équitables, pour le Moto2 et le Moto3 sur les circuits. »
« Mais cela ne changera rien à ce que les fans voient sur la piste, au développement des pilotes et au fait de voir ces jeunes entrer dans le championnat à 17 ou 18 ans et gravir les échelons jusqu’à la catégorie reine. Cela continuera d’exister. »
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Ce que Carlos Ezpeleta admet également c’est qu’une réflexion est en cours sur le cadre technique des catégories Moto2 et Moto3, dans la lignée du changement de règlement qui prendra effet en 2027 en MotoGP, où la cylindrée passera notamment de 1000cc à 850cc. « Il y a une réflexion à mener pour le Moto3 », a-t-il souligné. « Je dirais que l’écart entre le Moto2 et le MotoGP est probablement tel que nous le souhaitons, tandis que l’écart entre le Moto2 et le Moto3 est un peu trop grand. »
« L’objectif est de développer ce sport, d’améliorer le Moto3 et le Moto2, et d’offrir davantage d’opportunités aux enfants du monde entier », a ajouté le directeur sportif. « Tandis que nous investissons dans le MotoGP et dans ce sport et que nous créons de plus grandes stars en MotoGP, cela n’exclut pas de continuer à investir dans les autres catégories afin d’améliorer leur présence dans le paddock, de favoriser l’égalité et d’élever le niveau des Grands Prix. »
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