L’automne 2025 n’a pas fini de surprendre les clients des banques françaises. Entre les feuilles mortes à ramasser et la rentrée sous le signe de l’économie, une petite révolution se prépare discrètement au coin des distributeurs automatiques. Fini de ruminer sur ces fameux « frais de retrait déplacé » qui grignotent les budgets à la moindre sortie d’espèces hors de sa banque. Une alliance inédite entre géants bancaires va bientôt redonner le sourire là où, il y a peu, on râlait sur le ticket de caisse. Pourquoi certains distributeurs vont-ils permettre de retirer sans frais dès cette année ? Tour d’horizon d’un dispositif qui promet de transformer le quotidien financier, sans pour autant tout bouleverser.

Bonne nouvelle au guichet : le grand retour du retrait gratuit en vue

Pour de nombreux Français, jongler avec les distributeurs pour éviter les surcoûts était presque devenu un sport national. Ce casse-tête des frais, comparable à une chasse aux trésors version billets, constitue un véritable irritant pour les clients.

Retirer de l’argent dans un distributeur « autre banque » – le fameux retrait déplacé – engendre, bien souvent, une facturation d’environ un euro après quelques retraits gratuits accordés chaque mois. Sur l’année, cela peut représenter une somme non négligeable pour les adeptes du liquide, particulièrement dans les zones rurales où le distributeur le plus proche n’est pas toujours celui de sa propre banque.

Mais attention, 2025 marque un virage décisif. Pour la première fois depuis longtemps, le retour de la gratuité s’annonce, du moins chez certaines enseignes. Cette évolution intervient alors que la question du pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations en cette rentrée d’automne.

2025, l’année où tout bascule dans certaines banques

Dès cette année, il sera possible, pour des millions de clients, de retirer sans frais dans un large réseau d’automates, même en dehors de leur agence habituelle. Pourquoi un tel revirement ? Parce que certains groupes bancaires ont choisi de mutualiser leurs forces pour contrer la disparition progressive des distributeurs et maintenir un accès simple au cash pour tous. Le temps des guéguerres de réseaux semble toucher à sa fin… du moins pour une partie des usagers.

Cash Services : l’alliance inattendue entre trois géants français

La nouvelle a pu en étonner plus d’un : BNP Paribas, Crédit Mutuel Alliance Fédérale (et donc CIC), ainsi que Société Générale s’associent autour d’une bannière commune, baptisée Cash Services. Cette initiative vise à moderniser le parc de distributeurs et à mutualiser leur gestion, tout en conservant pour chaque client une expérience personnalisée, fidèle à son enseigne d’origine.

Qui sont les banques concernées par cette mesure ?

Concrètement, sont concernés les clients des établissements suivants :

  • BNP Paribas (et sa filiale Hello bank!)
  • Crédit Mutuel Alliance Fédérale (incluant le CIC, et selon les groupes, Monabanq)
  • Société Générale

Ce partenariat couvre ainsi une large partie du marché français, permettant à de nombreux Français de bénéficier de la suppression des frais de retrait déplacé – dès lors qu’ils utilisent un automate Cash Services et que leur carte provient de l’une de ces banques partenaires.

Un réseau de distributeurs repensé pour toucher (presque) tout le monde

Le projet Cash Services ambitionne de rassembler près de 7 000 automates à l’horizon fin 2026, dont environ 5 000 installés en agence et 2 000 hors agence. La cartographie des distributeurs est pensée pour garantir l’accessibilité, y compris en zones rurales. Aujourd’hui, malgré la forte baisse du nombre de DAB ces dernières années, près de 98,8 % des Français restent à moins de 15 minutes en voiture d’un DAB. Le déploiement de Cash Services ne fera qu’accentuer cette proximité.

Retirer sans frais, mais à quelles conditions ?

L’annonce a de quoi réjouir, mais la gratuité n’est pas universelle pour autant. Certaines subtilités méritent d’être connues pour tirer pleinement parti de ce nouveau service.

Les subtilités à connaître pour vraiment profiter du service

Pour bénéficier du retrait sans frais sur un automate Cash Services :

  • Être client d’une des banques partenaires citées ci-dessus.
  • Retirer sur un automate portant la marque Cash Services (en agence ou hors agence autorisée).

À noter :

le retrait devient gratuit seulement au sein du réseau Cash Services. Autrement dit, un client BNP qui retire sur un DAB Cash Services ex-Société Générale (ou l’inverse) ne payera plus de frais « autre banque » sur ce type de retrait. Une aubaine pour ceux qui, jusque-là, devaient alterner entre plusieurs enseignes en fonction de leurs déplacements ou de la proximité d’un automate.

Autre point d’attention : tous les services ne seront pas présents partout. Les retraits d’espèces, la consultation de solde et quelques opérations courantes seront largement proposés. En revanche, les dépôts de billets ou de chèques restent souvent limités aux automates installés en agence et équipés à cet effet. Un petit effort de géolocalisation – possible via les pages dédiées aux clients – restera parfois nécessaire.

Qui reste sur le seuil : les limites et exceptions du dispositif

Le diable se cache dans les détails. Si la mesure représente un vrai progrès pour la majorité des clients des banques partenaires, elle ne concerne pas tous les usagers :

  • Les détenteurs de carte d’autres établissements majeurs (Crédit Agricole, Banque Postale, Banque Populaire, Caisse d’Épargne, BPCE, etc.) ne sont pas concernés par la gratuité des retraits déplacés sur Cash Services. Ils continuent à payer les frais fixés par leur banque, même si le distributeur affiche cette nouvelle bannière.
  • Le déploiement du dispositif est progressif courant 2025 — il n’est pas effectif sur l’ensemble du parc dès le début de l’année.
  • Attention à la confusion : ce n’est jamais le distributeur qui prélève les frais, mais la banque qui émet la carte. Ce qui change ici, c’est que les banques partenaires neutralisent ces frais entre elles, uniquement dans le cadre Cash Services.

Un changement de cap qui secoue le paysage bancaire

À l’ère où la moindre économie compte, cette nouvelle attire forcément les regards. Elle témoigne aussi d’une transformation profonde des usages bancaires et d’une intensification de la concurrence dans le secteur.

Poussée concurrentielle et révolution des usages

Depuis plusieurs années, la logique était simple : chaque banque protégeait jalousement son réseau de distributeurs, incitant parfois ses clients à éviter les retraits hors enseigne, sous peine de frais. L’arrivée de Cash Services chamboule la donne, surtout dans les territoires où la raréfaction des DAB inquiétait élus et riverains. Accéder sans frais à son argent, même au village voisin, redevient enfin une réalité pour bon nombre d’usagers.

Un petit calcul : pour un titulaire qui utilisait l’autre réseau trois fois par mois (à un euro le retrait), l’économie potentielle dépasse 36 euros par an. De quoi s’offrir quelques douceurs sur les marchés d’automne… ou simplement alléger le budget familial.

Nombre de retraits déplacés/mois
Économie annuelle réalisée (frais supprimés)
2 24 € 3 36 € 4 48 €

Les enseignements à retenir pour mieux gérer vos retraits en 2025

Ce nouvel accord invite les Français à revoir certaines habitudes. Avant de retirer, il sera utile de repérer les sites Cash Services (facilement signalés sur les applications et sites des banques partenaires). Et pour ceux qui changent souvent d’environnement – étudiants, travailleurs mobiles, familles recomposées entre plusieurs régions –, le « droit au cash facile », si souvent réclamé, redevient accessible. Mais vigilance reste de mise : chez la concurrence, la règle ne change pas. Hors Cash Services, les frais d’usage d’un automate « étranger » restent d’actualité…

Une attention particulière qui évitera de mauvaises surprises, notamment lors des déplacements pendant les vacances ou à la Toussaint où le réflexe du liquide demeure bien présent en France, entre vide-greniers, marchés et petits commerçants du terroir.

Pour résumer

Le retrait sans frais fait son grand retour dans le quotidien des clients de BNP Paribas, Crédit Mutuel Alliance Fédérale, CIC et Société Générale via le réseau Cash Services. Toutefois, cette « gratuité » a ses limites : elle ne concerne que les clients des banques partenaires et uniquement sur les automates du réseau. Pour profiter pleinement de cet avantage, mieux vaut donc comprendre les spécificités du dispositif, adapter ses habitudes de retrait et rester attentif à la signalétique. La concurrence saura-t-elle suivre cette tendance ? La question demeure, mais une chose est certaine : l’automne 2025 marquera un tournant dans la gestion des retraits d’espèces, avec des économies bienvenues pour des millions de Français.