Convoqué ce lundi 13 octobre par le Parquet national financier (PNF) pour connaître la date et le lieu de sa future incarcération, Nicolas Sarkozy pourrait faire son entrée en prison le même jour. « Il est prévu que ça aille vite », murmure-t-on dans son entourage.
L’ancien chef de l’État, condamné à cinq ans de détention dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, a d’ailleurs organisé mercredi 8 octobre un « pot de départ en prison ». Parmi la centaine d’invités se trouvait le secrétaire général de la présidence française, « soit le bras droit d’Emmanuel Macron », a révélé le site Mediapart.
Un « quartier des vulnérables » en vase clos
En haut lieu, « c’est un peu la panique », nous confie une source pénitentiaire. Il y a une dizaine de jours, en toute discrétion, le directeur de l’administration pénitentiaire, Sébastien Cauwel, a passé en revue les lieux susceptibles d’accueillir l’ancien chef de l’État. Une maison d’arrêt, car Nicolas Sarkozy ayant fait appel, sa condamnation n’est pas définitive.
Forcément située en région parisienne, afin de rester proche de sa famille et de ses avocats. Fleury-Mérogis, Fresnes, la Santé : de tels établissements ne sont pas si nombreux. En toute logique, la prison de la Santé, au cœur de Paris, tient la corde. Plus proche. Plus expérimentée.
Dans le « quartier des vulnérables », couramment appelé « quartier des VIP », une équipe dédiée de surveillants a l’habitude de gérer les « profils à risque » : policiers, surveillants, politiques, violeurs d’enfants, personnages médiatiques en tout genre. Bernard Tapie, Michel Neyret, Alfred Sirven, Maurice Papon, Samy Naceri, entre autres, y sont passés.
À cause de la surpopulation carcérale, partout les cellules débordent, les matelas par terre sont devenus légion. Pas chez les « vulnérables », où l’encellulement individuel reste la règle. « Ce n’est pas un privilège, assure un membre de l’administration pénitentiaire. C’est une protection. » Activités ou promenade, tout se fait ici en vase clos. « Les vulnérables fonctionnent ensemble, isolés du reste de la détention », insiste une surveillante.
« Passer 22 heures sur 24 en cellule avec soi-même, c’est long »
Problème : la promenade n’est pas abritée des regards. Pendant les huit mois qu’a duré sa détention, chacune des sorties de l’ancien commissaire Neyret déclenchait des vagues d’insultes dans les bâtiments adjacents. Postés sur le balcon des immeubles alentours, des photographes ont pu immortaliser l’homme d’affaires Bernard Tapie en jogging.
« Avec la prolifération des portables, il est à craindre que Nicolas Sarkozy soit photographié lui aussi », estime la surveillante. Pour éviter ce risque, l’administration pénitentiaire pourrait préférer placer son illustre pensionnaire à l’isolement. Le quartier, situé en hauteur, est mieux protégé. Les fouilles y sont plus systématiques. Les détenus n’ont aucun contact entre eux. « Même les surveillants passent au portique », indique l’agente. Y voler des photos de Sarkozy serait, forcément, plus difficile. « Mais il faut supporter la solitude, témoigne un aumônier de prison. Passer 22 heures sur 24 en cellule avec soi-même, c’est long. »
Les professionnels de la pénitentiaire sont unanimes : pour ce prisonnier particulier, le choc carcéral sera particulièrement rude. « Les politiques n’imaginent jamais se retrouver là. Alors un ancien président de la République… » Après voir été accueilli par le directeur de la prison, c’est un officier qui assurera sa première fouille à corps, suppute une surveillante. Des précautions drastiques seront prises pour éviter que sa photo et son numéro d’écrou fuitent dans la presse. « Une fois en cellule, il sera sous très haute surveillance, il y aura des remontées d’informations journalières, pense ce surveillant. Imaginez, s’il se fout en l’air… »
L’établissement sera bloqué à chacun de ses déplacements
Dans sa cellule de 9 mètres carrés aux murs beiges, derrière sa fenêtre grillagée, Nicolas Sarkozy disposera d’une cabine de douche et d’un WC. Sur son petit lit, un matelas en mousse. Une télévision, un frigo, une plaque en vitrocéramique pour cuisiner les produits qu’il pourra cantiner.
Et le plus important, sans doute : un téléphone mural. Sur autorisation du juge d’application des peines, le détenu Sarkozy se verra délivrer une carte téléphonique grâce à laquelle il pourra appeler une liste de numéros préalablement épluchée. « Toutes les conversations sont écoutées », précise un surveillant. Et à chaque déplacement, pour éviter qu’il ne croise d’autres détenus, l’ensemble de l’établissement sera bloqué. « S’il a trois parloirs avocats par jour, on devra bloquer trois fois par jour tous les mouvements », résume un surveillant.
En estimant, dans le « JDD », que sa condamnation à cinq ans de prison était le signe d’une justice « à la dérive », Nicolas Sarkozy oublie ses innombrables sorties prônant la « tolérance zéro » pour les délinquants. « Les tribunaux doivent punir, parce que, quand on est voyou, c’est encore pire d’être un voyou du haut de l’échelle, par rapport aux voyous du bas de l’échelle », lançait-il ainsi en 2012 sur TF1. « La non-exécution des peines, c’est l’impunité. Nul ne doit pouvoir être libéré de sa peine avant d’en avoir accompli au moins les deux tiers », réclamait la même année, à Nantes, celui qui pourrait déposer une demande de liberté conditionnelle dès son premier jour d’incarcération, à examiner sous deux mois. « Je souhaite qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement pour les peines supérieures à six mois. Toute peine prononcée doit être exécutée », avait-il aussi déclaré au Parisien en 2015.
En estimant, dans le « JDD », que sa condamnation à cinq ans de prison était le signe d’une justice « à la dérive », Nicolas Sarkozy oublie ses innombrables sorties prônant la « tolérance zéro » pour les délinquants. « Les tribunaux doivent punir, parce que, quand on est voyou, c’est encore pire d’être un voyou du haut de l’échelle, par rapport aux voyous du bas de l’échelle », lançait-il ainsi en 2012 sur TF1. « La non-exécution des peines, c’est l’impunité. Nul ne doit pouvoir être libéré de sa peine avant d’en avoir accompli au moins les deux tiers », réclamait la même année, à Nantes, celui qui pourrait déposer une demande de liberté conditionnelle dès son premier jour d’incarcération, à examiner sous deux mois. « Je souhaite qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement pour les peines supérieures à six mois. Toute peine prononcée doit être exécutée », avait-il aussi déclaré au Parisien en 2015.
En estimant, dans le « JDD », que sa condamnation à cinq ans de prison était le signe d’une justice « à la dérive », Nicolas Sarkozy oublie ses innombrables sorties prônant la « tolérance zéro » pour les délinquants. « Les tribunaux doivent punir, parce que, quand on est voyou, c’est encore pire d’être un voyou du haut de l’échelle, par rapport aux voyous du bas de l’échelle », lançait-il ainsi en 2012 sur TF1. « La non-exécution des peines, c’est l’impunité. Nul ne doit pouvoir être libéré de sa peine avant d’en avoir accompli au moins les deux tiers », réclamait la même année, à Nantes, celui qui pourrait déposer une demande de liberté conditionnelle dès son premier jour d’incarcération, à examiner sous deux mois. « Je souhaite qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement pour les peines supérieures à six mois. Toute peine prononcée doit être exécutée », avait-il aussi déclaré au Parisien en 2015.
« Au début, c’est le manque de téléphone, le manque des proches qui est le plus dur », a pu constater cet agent. Des visites médicales sont prévues, un soutien psychologique est possible. Le détenu Nicolas Sarkozy pourra, s’il le souhaite, rencontrer un aumônier. Des « mesures d’accompagnement basiques », explique la chancellerie où, assure-t-on, « on essaie de se tenir loin de cette affaire ». Dès le lendemain de son incarcération, ses avocats pourront formuler des demandes de mise en liberté. « Ces conditions, c’est lui qui les a votées, c’est lui qui les a voulues, rappelle un aumônier. Ce serait inconcevable qu’elles ne lui soient pas appliquées. »
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