«Une histoire saint-médardaise », volume 2, vient de sortir. Publié l’an dernier, le premier ouvrage de la trilogie mettait en exergue les écoles, les fêtes populaires et la vitalité sportive.

Le bar de la plage, à Gajac, dans les années 1960.

Le bar de la plage, à Gajac, dans les années 1960.

Ville de Saint-Médard-en-Jalles

Ce deuxième tome réveille la vie riche des commerces d’antan, les travaux des champs, en forêt ou au bord de l’eau. Mais aussi le décollage industriel via « la poudrerie qui compta jusqu’à 18 000 personnes au plus fort de la guerre de 1914-1918 ».

« L’idée, c’est de continuer le travail entrepris pour conserver une mémoire vivante et la transmettre aux nouveaux habitants qui arrivent », résume le maire Stéphane Delpeyrat-Vincent.

Scène de blanchisseuses lavant le linge dans les eaux de la jalle.

Scène de blanchisseuses lavant le linge dans les eaux de la jalle.

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Au cœur du projet, il y a toujours Richard Balestrat, l’archiviste de la commune, l’association Le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles et David Levasseur, un particulier détenteur de plus de 13 500 fichiers numérisés. « Soit un fonds photographique de 52 gigaoctets de mémoire. Ça commence à faire », plaisante l’intéressé qui restaure et colorise seul son impressionnante collection.

Sortie des ateliers de la Poudrerie nationale.

Sortie des ateliers de la Poudrerie nationale.

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Les cafés-restaurants

Tous ont mis au pot pour faire naître ce livre de 136 pages égrenant 180 images. Les premières sont consacrées aux cafés-restaurants, une institution à Saint-Médard. Pensez ! « En 1940, on en dénombrait 44 pour environ 5 000 habitants. Rien que dans la rue Jean-Jaurès, rebaptisée rue de Soif, il y en avait six. En sortant des ateliers, les poudriers allaient souvent boire un coup avec les collègues », explique David Levasseur. Le camp de Caupian fut aussi moteur dans la bonne santé du petit commerce.

Enfant à l’époque, Jacques Bettés a fêté ses 100 ans.

Enfant à l’époque, Jacques Bettés a fêté ses 100 ans.

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À l’époque, les épiceries prospèrent, tout comme les boulangeries, boucheries ou quincailleries. Les rails du tram traversent la Grande rue. Sur un cliché en noir et blanc, un enfant, couteau de boucher à la main, trône fièrement entre son père et un employé de la boutique familiale, à Gajac. « Eh bien cet enfant sur la photo a 100 ans aujourd’hui ! Monsieur Bettés habite toujours la petite maison à côté de l’ancienne boucherie », relate le maire.

Angèle Barnieu (épouse Duzan), poudrière à Saint-Médard en 1917.

Angèle Barnieu (épouse Duzan), poudrière à Saint-Médard en 1917.

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L’avènement, en 1970, de l’Hypercosmos, premier supermarché au design flashy symbolise un tournant. L’ère moderne décanille des métiers sur son passage : muletier, résinier, maréchal-ferrant, etc. Les blanchisseuses ne s’épuisent plus durement sur les bords de jalle. Fini l’époque des moissons et vendanges ; le temps où Robert Constantin, dit Tintin, coupait royalement la circulation pour faire traverser ses vaches.

La famille d’Armand Giraudeau faisant les foins à Magudas en 1930.

La famille d’Armand Giraudeau faisant les foins à Magudas en 1930.

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Image coup de cœur

Parmi ses coups de cœur, David Levasseur cite volontiers pour l’esthétique l’image d’un couple de ferblantiers (page 48). « C’est une photo posée. Je l’ai tirée d’une plaque en verre, la netteté était parfaite. » L’homme et la femme ont le visage sévère. Prémonitoire. Le couple perdra quelques années plus tard deux de ses cinq enfants durant la Grande Guerre. Deux drames en l’espace d’une semaine. Aux antipodes, la deuxième image témoigne d’une joyeuse scène de foins en 1930. Une troisième, précieuse à ses yeux, fige le rare portrait d’une femme en tenue de poudrière. Et l’auteur de résumer : « L’histoire professionnelle de Saint-Médard s’est bâtie autour de trois éléments naturels : l’eau, la terre et le feu. »

Pratique : « Une histoire Saint-Médardaise, volume 2 » en vente au prix de 15 euros à la médiathèque, à la librairie Nouveau Chapitre et dans les magasins de presse de la commune.