« Au procès, ce n’est pas pschitt que ça fera, mais boum. » Personne n’a oublié la phrase prononcée par le maire en mars dernier. Surtout pas son opposition, qui ne s’est pas privée de la retourner contre lui ce lundi lors du conseil municipal.
« Ce fut un petit pschit, et un grand boum sur la tête », a moqué Olivier Longeon, élu du groupe Le Temps de l’écologie. « La seule chose qui a fait boum, c’est le bruit des réquisitions », en a rajouté une couche Isabelle Dumestre (Saint-Etienne Demain).
Le retour du « complot du PS »
Mais, à son « boum », le maire y tient. « Et il y en a eu quelques-uns », maintient-il. Pour répondre aux attaques de l’opposition, il a listé des « preuves matérielles », qui ont été évoquées lors du procès et que la presse aurait tues.
Dans la ligne de mire de Gaël Perdriau d’abord, le chef de file du PS pour les municipales 2026, Régis Juanico. « Je trouve cocasse qu’il organise bientôt un atelier sur la probité des élus. Je pense qu’il n’est pas le mieux placé pour en parler. » Selon le maire, ce dernier était « au courant de la vidéo intime six mois avant la publication de Mediapart et il n’a pas fait appel à l’article 40 (qui impose aux élus de signaler à la justice un délit dont ils auraient connaissance, NDLR) ».
Gaël Perdriau reprend la défense de ses avocats lors du procès et remet sur la table le « vaste complot du Parti socialiste », comme l’avait qualifié la présidente du tribunal tout en balayant cette idée. Mais dans la salle Albert-Lebrun, il déroule. Ici, c’est lui qui préside.
« Régis Juanico écrivait à Gilles Rossary-Lenglet sur une messagerie cryptée », poursuit le maire, sous-entendant que la vidéo aurait eu « un usage politique » pour la gauche stéphanoise.
« Cela fait 3 ans que je dis avoir cru que Gilles Artigues était consentant »
En égrenant ses « boum », le maire cible aussi Lionel Boucher, son ex-adjoint et ami de Gilles Artigues. « Il était au courant quatre ans avant, pourquoi n’a-t-il pas saisi l’article 40 ? », questionne-t-il.
Un autre « boum », selon Gaël Perdriau, concerne directement la victime du piège, son ancien premier adjoint. « Cela fait trois ans que je dis avoir cru que Gilles Artigues était consentant, que c’était sa vie privée et que ça ne me regardait pas. Il a confirmé au procès qu’il était consentant. Ça ne change rien à l’atteinte à la vie privée, je la condamne, mais je n’en suis pas le responsable. »
Régis Juanico : « Je dis stop aux calomnies proférées publiquement à mon endroit »
Ses arguments n’avaient pas convaincu la procureure, ils ne satisfont pas plus les élus d’opposition ce lundi. « Vous continuez de toujours salir, salir, salir. Vous vous exposez, avec les propos diffamatoires que vous avez tenus, à un nouveau procès, qui va encore faire perdurer la situation judiciaire de notre ville », l’a prévenu Isabelle Dumestre.
Pas manqué. « Je dis stop aux calomnies proférées publiquement à mon endroit par M. Perdriau. Il vient de franchir un nouveau cap en m’accusant de “faux témoignage devant la justice”. J’ai demandé à mon avocat de déposer plainte contre M. Perdriau pour diffamation », a annoncé Régis Juanico dans un communiqué. « Il tente une dernière manœuvre grossière avant le rendu de son délibéré en tentant de salir mes proches et moi-même. »