Il est grand. 1m86. Il court vite. Il saute haut. Il tourne facilement. « Il a surtout une prestance incroyable. Déjà petit, il prenait toute la lumière », se souvient Rémy Pottier, son ancien professeur de danse au Ballet de Lorraine, aujourd’hui professeur au conservatoire de Nîmes. C’est indéniablement ce qui a plu, une quinzaine d’années plus tard, a l’un des plus grands chorégraphes français : Philippe Découflé.
Le Nancéien Vladimir Duparc dans la pièce « Stéréo » du chorégraphe Philippe Découflé. Photo Paul Bourdrel
Pourtant, le jeune Nancéien Vladimir Duparc, qui auditionnait alors pour entrer dans sa compagnie, n’avait pas été tout à fait au bout des demandes de l’homme connu, entre autres, pour la mise en scène des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’Albertville en 1992.
Au culot
Après quatre jours d’audition très intenses, et alors qu’ils n’étaient plus que deux en « compétition » sur la centaine de danseurs hommes, Vladimir Duparc, qui a construit et nourri sa danse à Nancy, au Conservatoire, refuse un cinquième jour d’audition. Sans acrimonie. Sans amertume. La pression est forte. La fatigue est là. Dans ses jambes : les restes d’une énorme tournée avec un autre monument de la chorégraphie, Claude Brumachon, et une de ses pièces emblématique « Folie ».
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Dans son esprit : la nouvelle tournée avec la compagnie toulousaine Samuel Mathieu qu’il doit entamer la semaine suivante. « J’y avais été un peu au culot », reconnaît le danseur qui sortait depuis peu du Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon – une référence pour tout danseur classique et/ou contemporain – avec sa formation, certes très solide, mais une expérience de la scène modeste.
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« Découflé recherchait un profil de danseur-acrobate-chanteur. Je ne pouvais pas exécuter de figure. J’avais le pouce cassé. Et quand on m’a demandé de chanter, j’ai improvisé. Moi je ne sais pas chanter ! Mais ce que je savais c’est que Philippe voulait voir de la performance. J’ai tout lâché. Je me suis donné à 200 % et lancé dans un monologue où j’étais physiquement très engagé. »
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« J’aimais tellement ça »
Une semaine plus tard, coup de téléphone. Vladimir, qui a tapé dans l’œil de Philippe Découflé, est engagé dans sa compagnie pour sa nouvelle pièce « Stéréo ». À 21 ans, il est alors le danseur le plus jeune de la troupe.
J’étais baigné dedans et j’aimais tellement ça !
Vladimir Duparc
« Pas étonnant », confie Rémy Pottier, son premier professeur à Nancy. « C’est un danseur merveilleux, un petit bijou. On sent tout de suite que ce sont des gamins qui iront loin. » Au-delà de ses qualités physiques impressionnantes, « il était aussi très réceptif, à l’écoute et très énergique », détaille le professeur et ancien danseur du Ballet de Lorraine. « J’étais baigné dedans et j’aimais tellement ça ! », se souvient Vladimir. En effet, avec une maman, ex-petit rat de l’Opéra de Paris puis danseuse au Ballet de Lorraine, le terrain est plus que favorable.
« C’est le hip-hop qui m’a fait aimer la danse contemporaine », confie Vladimir Duparc. Photo Julie Cherki
Pour autant, Vladimir fait ses choix. Judo, foot, skateboard (son papa est skateur)… Il s’essaye à plein de disciplines. Il entre au Conservatoire de Nancy pour y étudier la batterie. Mais rien ne lui plaît plus que la danse. Classique à l’époque « car l’univers de la danse contemporaine, je n’y comprenais rien ».
Jamais rassasié, hyperactif, il enchaîne les cours. Il apprécie néanmoins le cadre qu’offre la stricte discipline de la danse et son côté codifié. « Sportivement, c’était aussi très challengeant ! Ça tourne, ça saute dans tous les sens. » Il saisit les possibilités infinies qu’offre la danse. « Comme dans le skate, il y a des mouvements qui ont déjà été faits mille fois. Mais c’est la façon de les interpréter qui va tout changer », analyse-t-il.
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« Le hip-hop m’a fait aimer la danse contemporaine »
Grâce aux cours de hip-hop qu’il découvre à l’âge de 13 ans avec Julien Le Thoai à la MJC Lillebonne à Nancy, il s’initie au travail au sol. Il prend alors conscience d’une autre forme de mouvement et s’approprie enfin la danse contemporaine. « C’est le hip-hop qui m’a fait aimer la danse contemporaine. »
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Poussé par Emanuela Ciavarella, une de ses professeurs au conservatoire de Nancy, il se présente aux concours d’entrée du Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris et de Lyon. Sur les 400 candidats, il fera partie des 12 retenus à Lyon.
À Paris, deux semaines avant, on lui fait comprendre « qu’il ne sera jamais danseur ». Sa brillante et électrisante entrée dans le monde professionnel aux côtés des plus grands de la danse contemporaine française prouve tout le contraire.