Deux fois champion du monde, mais presque invisible en
2025. Le pilote italien Pecco Bagnaia traverse l’une des saisons
les plus troublantes de sa carrière MotoGP. Entre doutes
techniques, performances en dents de scie et la domination absolue
de son coéquipier Marc Marquez, le pilote Ducati d’usine avoue
enfin ce que beaucoup ressentaient : il n’était plus
lui-même.

Après 18 Grands Prix, seulement deux victoires pour
Bagnaia. Un chiffre qui ferait saliver bien des
pilotes, mais qui sonne comme un échec cuisant pour le double
champion MotoGP. À
l’opposé, Marc Marquez, sur la même machine, a
empilé 11 victoires dominicales et 14 sprints, s’envolant vers le
titre.

« Je ne me reconnaissais pas – je crois que personne
ne me reconnaissait
. Et certains ont commencé à
douter de mon potentiel. »

Ce n’est qu’au Japon que Bagnaia a retrouvé un
semblant de confiance, en revenant aux pièces GP24 (notamment le
système de correction d’assiette), réussissant à triompher… avant
de retomber dans l’ombre en Indonésie, à près de 30 secondes du
vainqueur lors du sprint, puis victime d’une chute pendant le Grand
Prix.

Une introspection rare de
Pecco Bagnaia : technique ou psychologique ?

Bagnaia reconnaît que l’adaptation au modèle
GP25 a été une impasse : « ce n’était pas s’adapter à cette
moto mais changer de moto. Mon équipe travaillait
beaucoup, les ingénieurs travaillaient beaucoup pour essayer de
s’adapter et de me permettre de m’adapter à la moto. Ils n’ont
jamais arrêté de travailler

Son style fluide et précis, qui faisait merveille les saisons
précédentes, semble incompatible avec les exigences plus physiques
et agressives du nouveau package technique. Malgré les efforts
conjoints de son équipe et des ingénieurs, le lien entre l’homme et
la machine s’est rompu.

Malgré les tensions rapportées dans le paddock,
Bagnaia coupe court aux rumeurs de divorce : «
je n’ai jamais douté de Ducati. Je pense que ma carrière a
commencé et se terminera chez Ducati. »

Cette déclaration sonne comme un serment d’allégeance… ou une
manière de rassurer à l’approche des tractations pour 2026. Car le
contraste avec
Marquez
– nouveau roi chez
Ducati – soulève des interrogations sur le statut
de Bagnaia au sein de l’équipe, et son rôle
futur.

« Il est trop tôt pour penser à l’année
prochaine
. Si je suis en forme avec ma moto, je
peux me battre. »

Bagnaia garde espoir. Mais la suite dépendra de
deux choses : retrouver un setup qui lui permet d’exprimer son
style… et de l’espace pour respirer, dans une équipe désormais
orbitée par un certain #93.

2025 a été une saison miroir pour Pecco.
Difficile à regarder, mais révélatrice. Il ne lui reste que
quelques Grands Prix pour sauver l’essentiel : sa confiance, son
statut, et un avenir qu’il espère encore rouge
Ducati
.

Pecco Bagnaia, Ducati Corse, MotoGP indonésien 2025