La fusion entre Intermarché-Wanty et Lotto était annoncée depuis le dernier Tour de France. Elle devient une réalité alors que la deadline des dépôts de candidature auprès de l’UCI était fixée à ce mercredi 15 octobre. Captains of Cycling, détenteur de la licence de Lotto Cycling Team, confirme avoir respecté le délai. Le but de cette fusion est de mettre en commun les moyens pour lutter face aux grosses armadas du WorldTour, et donc figurer dans l’élite pour 2026. La nouvelle structure dévoilera de nouveaux détails un peu plus tard, alors que l’UCI doit maintenant examiner les dossiers.
Cette fusion va avoir plusieurs conséquences. D’abord pour les coureurs en contrat avec chacune des deux structures. Une équipe de première division ne peut compter plus de 30 coureurs et il y en a 44 engagés avec une des deux formations. Ensuite, il y aura un effet mécanique dans l’attribution des 18 places pour le WorldTour dans les trois prochaines saisons. Les deux groupes sportifs figurent parmi les 18 premières équipes du classement technique et remplissent donc le critère sportif. Mais il n’y a donc qu’un seul dépôt de demande de licence pour le WorldTour.
DES ÉQUIPES PROS MAIS PAS SEULEMENT
Lotto, la structure la plus ancienne, fête ses 40 ans dans le peloton cette année. Elle n’avait plus de co-partenaire en 2025. Le groupe sportif est descendu en ProTeam après la saison 2022. Stéphane Heulot en était le manager général depuis 2023, avant d’annoncer son départ il y a quelques semaines. 2023, c’est aussi l’année où Lotto-Soudal (comme elle s’appelait alors) avait promu sa réserve du statut de club à celui de Continental. Lotto compte également une équipe féminine au niveau Continental.
Jean-François Bourlart a fait progresser sa structure, du VC Ath jusqu’à la première division mondiale en 2023. En 2007, c’est l’accès en Continentale puis au niveau Conti Pro avec Veranda’s Willems-Accent en 2011. En 2013, il crée un club d’affaires, le Want You Club pour attirer des partenaires. Aujourd’hui, la structure Continuum Sports Belgium possède une réserve en Continentale depuis 2023 et une équipe de cyclo-cross depuis janvier 2020, Charles Liégeois Roastery CX. Intermarché a renouvelé son partenariat jusqu’en 2028.
CYCLISME PRO EN FUSION
Dans le cyclisme pro, si les fusions ne sont pas courantes, elles ne sont pas une exception, depuis que les groupes sportifs ne sont plus la vitrine exclusive des marques de cycles. L’objectif est à chaque fois de récupérer des partenaires. Déjà en 1962, l’ACBB-Helyett et Saint-Raphaël trinquent ensemble ce qui fait naître l’association Anquetil-Geminiani. En 1974, Sonolor, sans Lejeune, rejoint Gitane. En 1985, les équipes Sammontana et Bianchi-Piaggo se sont réunies pour faire une. En 1994, Mapei et Clas fusionnent pour former l’embryon d’une armada qui sera renforcée l’année suivante par la phalange belge de la GB-MG.
Depuis la création du WorldTour, il y a eu plusieurs fusions. Pour la saison 2015, Cannondale et Garmin se réunissent, ce qui libère une place en première division. Trois ans plus tôt, Leopard-Trek fusionnait avec RadioShack. De 59 coureurs, la nouvelle structure RadioShack-Nissan abrite 30 professionnels. Et depuis deux ans, les rumeurs ont circulé d’abord pour un mariage de l’équipe de Patrick Lefevere avec Ineos puis avec Visma. Au niveau inférieur aussi, les équipes se rapprochent comme Wagner et WB à la fin 2024. Cette nouvelle fusion, avérée celle-ci, symbolise les difficultés pour les équipes, y compris en Belgique, pour attirer des partenaires.