Senny Mayulu, l’étoile montante du PSG
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« Cette rumeur est complètement fausse. À Paris, we love Mayulu. » La réponse avait fusé, quitte à en étonner plus d’un. C’était en avril dernier, et Luis Campos avait été interrogé par Canal + sur une éventuelle arrivée de Rodrigo Mora, le jeune stratège très prometteur du FC Porto, au PSG. Le conseiller sportif parisien apprécie particulièrement les pépites venues du Portugal, et elles ont largement contribué à la gloire du club de la capitale. Une dimension essentielle pour comprendre à quel point Paris tient tant à Senny Mayulu.
Il correspond déjà à l’ADN que le club de la capitale souhaite développer. Un vrai Titi, né au Blanc-Mesnil avant de faire ses premières gammes de footballeur à l’US Saint-Denis, puis de suivre à l’AF Epinay-sur-Seine son frère Fally, lui aussi devenu pro et actuellement à Bristol City. Sans vraiment crever l’écran, Mayulu a suffisamment fait parler de lui pour attirer le regard de la cellule de recrutement du PSG, toujours plus sensible à ces pépites franciliennes qui lui échappaient si souvent par le passé.
« Une forte confiance en lui »
Entrer dans l’Académie du PSG, que Mayulu a intégrée en 2020, était un premier pas. Mais pas forcément le plus difficile. S’y imposer, c’est une autre histoire. Mais, à 14 ans, il avait déjà les atouts pour ça. À commencer par une éthique de travail transmise par son père, qui n’hésitait pas à le lever à 6h du matin pour faire de la corde à sauter et des tours de terrain par dizaines. Mais aussi son grand-père, ancien joueur au Congo. « Il est venu en France et il nous a entraînés avec mon grand frère et mon petit frère, racontait Mayulu après avoir reçu le « Titi d’Or » en 2023. C’est grâce à lui si je suis dans le foot. »

Senny Mayulu
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Mayulu a dû faire preuve d’une belle force de caractère pour obtenir cette récompense décernée au meilleur espoir de la formation parisienne. « Il a eu des blessures sur l’année U15, U16, racontait Thomas Leyssales, l’actuel coach des U19 du PSG, dans le podcast 100% PSG sur France Bleu. Donc ça a pris un peu plus de temps, mais on connaissait son fort potentiel. Il avait une forte confiance en lui pour pouvoir y arriver. J’ai l’impression qu’il n’a pas beaucoup douté, il savait où il voulait aller et il le réussit amplement. » »Le plus complet du centre de formation »L’ascension précoce de Warren Zaïre-Emery, lui aussi de la génération 2006 et dont il était déjà très proche durant leurs années de formation, a donné à Mayulu un très bel exemple à suivre. Avec la perspective d’avoir une chance dans l’équipe première du PSG, malgré un niveau d’exigence et une concurrence poussés à l’extrême, à condition de s’en donner les moyens. Et de cocher un maximum de cases. Comme WZE, dans un style différent, Mayulu a cet avantage. « C’est le joueur le plus complet du centre de formation depuis Adrien Rabiot », estime ainsi Pierre-Yves Bodineau, ancien coach au centre de préformation du PSG, dans Le Dauphiné Libéré.
Senny Mayulu (PSG) a inscrit son premier but en Ligue 1 face à Strasbourg
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Mayulu a une très belle corde à son arc pour ça. Une capacité à jouer des deux pieds qui lui permettait déjà de se démarquer de la concurrence dès les catégories de jeunes, notamment sur des gestes aussi déterminants que les coups de pied arrêtés. « Je me rappelle, chez les U13 ou U14, il nous avait surpris, même si on le savait un peu, se souvient Thomas Leyssales. Sur un match, il a mis un but sur coup franc du pied droit, puis un but sur coup franc du pied gauche. Ça montrait déjà son talent. »
Le temps d’avance par l’ambidextrieL’ambidextrie est sacré atout que Mayulu utilise à merveille. Elle lui ouvre des angles que les autres n’ont pas sur des passes et des tirs, élargissant ainsi l’éventail de ses choix de jeu quand il a le ballon. Cela offre aussi au jeune Parisien un temps d’avance précieux qu’il exploite pleinement grâce à d’autres qualités. « Ce qui me plait chez Senny, c’est sa capacité à casser les lignes en portant le ballon, expliquait Jean-Luc Vanucchi, son ancien sélectionneur en U18, dans L’Equipe. Il sait se déplacer avec intelligence et est à l’aise dans les zones de densité. »
Senny Mayulu et Quentin Ndjantou après la victoire du PSG à Barcelone
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Tout ce qui plaît à Luis Enrique. Mayulu cumule tant de compétences qu’il s’inscrit parfaitement dans la philosophie de l’entraîneur parisien, particulièrement séduit par sa polyvalence. « Je dois dire que Senny est une des surprises, reconnaissait le technicien asturien en avril 2024. Quand vous regardez les catégories inférieures, c’est un joueur au profil parfait pour mon modèle de jeu. Il peut jouer ailier, milieu de terrain, il a des bonnes performances physiques, il ne perd pas la balle sous pression, il peut marquer, il sait jouer en fonction des autres. »
Barcelone, le but symbolique
Luis Enrique avait poussé très fort pour que son jeune joueur, alors très convoité, signe son premier contrat pro avec le PSG. Avec succès. Car l’Espagnol a donné sa chance au milieu de terrain de 19 ans et celui-ci n’y a pas été insensible. La suite lui a donné raison. Mayulu a gagné du temps de jeu (34 apparitions pour 1266 minutes en 2024-25), s’imposant doucement mais sûrement comme un membre à part entière de l’équipe première. Il n’y avait rien de mieux pour l’illustrer que son entrée en jeu en finale de la Ligue des champions, ponctuée d’un but pour conclure le festival du PSG contre l’Inter (5-0).
Depuis, il continue de grandir. De jouer et de montrer tout son potentiel quel que soit son rôle. Même celui d’avant-centre. Sa titularisation à ce poste, au détriment d’un spécialiste comme Gonçalo Ramos, avait légitimement surpris contre l’Atalanta Bergame (4-0). Une décision qui a pris tout son sens quand Luis Enrique a fait le même choix à Barcelone. Mayulu a signé un match plein, pesant sur la défense barcelonaise, impactant l’entrejeu par son travail défensif, en plus de marquer un but d’attaquant. Un match de titan qui ne doit pas masquer sa marge de progression, notamment sur le plan athlétique. Mais qui n’en est pas moins le symbole éclatant de l’ascension du Titi tout-terrain.