La députée de la 13e circonscription du Rhône, Tiffany Joncour, a officialisé ce vendredi sa candidature à la présidence de la Métropole de Lyon pour les élections de mars 2026. « Je remercie la commission d’investiture, Jordan Bardella et Marine Le Pen, pour leur confiance », déclare cette dernière.

L’élue estime que « ces élections seront un moment décisif sur notre territoire ». Selon elle, « la Métropole conserve beaucoup de compétences au détriment des municipalités ». Et de poursuivre : « La Métropole devait unir et améliorer la vie des habitants. Au final, elle désunit et l’a rendue de plus en plus difficile. »

« Un territoire à bout de souffle »

Pour Tiffany Joncour, le constat est alarmant : « La Métropole de Lyon est un territoire à bout de souffle. On voit une insécurité et une délinquance qui explose, des routes saturées. » Elle cite notamment « un cambriolage par jour dans le 6e arrondissement », tandis que « Vénissieux et Villeurbanne sont gangrenées par le trafic de drogue. »

L’élue qui mènera ainsi la liste du parti pour les élections métropolitaines de mars 2026 critique aussi la gestion urbaine et économique : « Les rues ne sont plus entretenues. La ville étouffe sous le poids de décisions absurdes. Les investisseurs se retirent, comme Safran par exemple. » Elle dénonce une « économie également en perte de souffle » et estime que « les habitants se sentent punis. »

Tiffany Joncour fustige la politique actuelle menée par la majorité écologiste : « La Métropole s’est enfermée dans une croisade idéologique. Exemple : les ZTL. Le résultat est simple : des commerçants qui ferment. »

Selon elle, « l’écologie aurait pu être un outil d’innovation, mais elle est devenue un outil de contrainte. » Elle défend au contraire « une écologie populaire, réaliste et non punitive », qui « soutienne les familles et les travailleurs. »

Critique de la droite locale

La députée RN n’a pas épargné la droite lyonnaise, qu’elle accuse d’ambiguïté. « La politique menée à l’Assemblée nationale se retranscrit dans notre politique locale. LR continue de faire des alliances avec des personnes qui ont des idées opposées », a-t-elle lancé, tout en précisant : « Beaucoup d’adhérents LR continuent de nous rejoindre. Nous voulons porter une grande alliance, mais pas pour nous fondre dans le macronisme. »

Interrogée sur la candidature de Véronique Sarselli (LR) à la Métropole, Tiffany Joncour a estimé que « le RN peut créer la surprise. » « Il va falloir compter sur nous au troisième tour pour savoir qui va remporter cette Métropole. Nous sommes peut-être la clé pour la droite », assure-t-elle. Et d’ajouter : « LR vient déjà nous voir pour négocier. Ils ne sont pas honnêtes par devant : ils veulent s’allier, mais dans les médias ils disent ne jamais s’allier avec le RN. »

Sans encore dévoiler les détails de son programme – qui devrait suivre les grandes lignes de celui d’Andréa Kotarac en 2020 –, Tiffany Joncour affiche un cap clair : « Notre projet est simple : remettre la Métropole en ordre. Nous voulons redonner de la force aux communes, restaurer la sécurité partout, investir dans la propreté. »

La candidate a annoncé la tenue d’un « grand meeting le dimanche 7 décembre à Villeurbanne », aux côtés des députés Julien Odoul et Edwige Diaz. « On veut retrouver le bon sens, l’efficacité et la proximité », a-t-elle résumé.

Dans un contexte d’instabilité politique nationale, Tiffany Joncour ne cache pas que son parti se prépare aussi à d’éventuelles élections législatives anticipées. « Je pense que, pour l’intérêt de notre pays, il est essentiel de retourner aux urnes. Nous pourrions être appelés à voter dans un temps très limité, donc c’est un challenge. »

Interrogée sur le récent sondage créditant le RN d’environ 24 % des intentions de vote à la Métropole, la députée se veut confiante : « Je pense que c’est une dynamique nationale. De plus en plus de gens nous rejoignent. Pour nous, ces sondages reflètent une vraie dynamique. »