Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné le restaurant L’Entrecôte, situé rue de la République pour pratiques commerciales trompeuses. En cause : la mention « fait maison » apposée sur des plats ne répondant pas aux critères légaux.
Le parquet de Lyon a confirmé ce vendredi 24 octobre que le verdict tombé le 19 septembre dernier est désormais définitif, rapporte PressPepper. L’affaire remonte à un contrôle effectué en août 2022 par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Les agents avaient alors relevé l’usage de produits industriels ou surgelés dans les cuisines du célèbre établissement.
Crème chantilly à base de préparation sucrée, crème anglaise industrielle, fruits au sirop, pain surgelé ou encore glaces issues du commerce : autant d’éléments incompatibles avec la mention « fait maison » selon la réglementation. Des fiches de recettes et des factures ont permis de confirmer ces constats.
Pourtant, le restaurant lyonnais détient depuis 2017 le titre de Maître Restaurateur, censé garantir une cuisine élaborée sur place à partir de produits bruts. À la barre, la gérante Corinne Gineste de Saurs s’est défendue en expliquant que ces pratiques étaient anciennes et uniformes dans tous les établissements du groupe. « On utilisait déjà la crème anglaise, les fonds de tarte, etc. Jamais le bureau d’études n’a dit que cela posait un problème », a-t-elle soutenu devant le tribunal.
Des modifications après le contrôle
Depuis le passage de la DDPP, la direction affirme avoir corrigé le tir : la carte et le site internet ont été modifiés, et certaines préparations désormais réalisées sur place. Par exemple, la mention d’une « salade cueillie chaque matin » a également disparu, remplacée par une « salade fraîche livrée chaque jour. »
Mais pour le parquet, ces ajustements ne suffisent pas à effacer les fautes passées. Le procureur avait rappelé à l’audience que « le restaurant joue sur l’ambiguïté », soulignant que la répétition de ces pratiques constituait bien une tromperie pour le consommateur. Ce dernier avait ainsi requis 15 000 € d’amende.
Le tribunal a finalement condamné le restaurant à 5 000 euros d’amende ferme et 10.000 euros avec sursis, estimant que la sanction devait dissuader toute récidive.