Par

Anaelle Montagne

Publié le

29 oct. 2025 à 18h02

Un médecin de 67 ans, placé en détention provisoire après deux plaintes pour agressions sexuelles et viol sur des enfants, s’est suicidé ce lundi 27 octobre 2025. Il avait été transféré dans une unité hospitalière de psychiatrie spécialement aménagée pour les détenus (une UHSA), au sein de l’hôpital Marchant, dès le lendemain de son placement en détention, le 24 octobre. Comment a-t-il pu commettre un tel geste ? Qui assure la surveillance des patients ?

De quoi est-il accusé ?

Le médecin de famille exerçait à Muret depuis des années. Deux plaintes ont été déposées contre lui. La première date de 2021 : le sexagénaire est accusé d’avoir violé (par le biais d’une fellation) et agressé sexuellement un de ses patients, un mineur de 13 ans. L’enfant était placé, et les faits auraient eu lieu durant une consultation, à Muret.

La deuxième plainte qui pèse sur le médecin date de 2024. Elle concerne des faits d’agression sexuelle sur un mineur âgé de 15 ans, handicapé psychomoteur. Les faits auraient eu lieu lors d’une soirée entre amis où étaient conviés la victime et son père.

Transféré de la prison de Seysses à l’hôpital Marchant

Après une longue enquête, le soignant a été entendu en garde à vue ce jeudi 23 octobre 2025, avant d’être placé en détention provisoire et incarcéré à la prison de Toulouse-Seysses, ce jour-là.

Mais dès le lendemain, le centre pénitentiaire a ordonné son transfert à l’UHSA du centre hospitalier Gérard Marchant, indiquait le parquet à Actu Toulouse dans le cadre d’un précédent article.

Il s’est pendu avec un câble

Les UHSA sont des unités de soin implantées dans des hôpitaux psychiatriques, et enserrées par une enceinte pénitentiaire. Elles accueillent des patients détenus en Occitanie qui requièrent une hospitalisation à temps complet. Celle de Toulouse, située au sein de l’hôpital Marchant au sud de la Ville rose, contient 40 cellules réparties en deux ailes.

C’est dans l’une de ces chambres que trois jours après son arrivée, le médecin détenu est parvenu à mettre fin à ses jours. « Dans la soirée du 27 octobre 2025 vers 20h30, alors qu’une ronde de surveillance venait d’être réalisée, il se donnait la mort par pendaison avec le câble de l’appareil de ventilation laissé à sa disposition en raison d’apnées du sommeil auxquelles il était sujet », indique le parquet de Toulouse.

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Une unité gérée entièrement par le personnel médical

Comment s’organise la veille des patients ? Dehors, des surveillants pénitentiaires assurent la surveillance du périmètre extérieur. Ils s’occupent également des transferts des prisonniers entre les prisons de la région et l’hôpital, « en escortant les ambulances » dans lesquelles sont transportés les patients détenus, explique une source d’Actu Toulouse.

En revanche, les agents pénitentiaires ne surveillent pas les patients à l’intérieur, et n’entrent dans l’enceinte de l’unité spécialisée « que sur demande du personnel médical, qui peut presser un bouton d’urgence dédié », précise notre source. En bref, « l’unité est gérée entièrement par le personnel médical ».

Une autopsie requise

Suite au décès du médecin, le parquet précise qu’une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte et une autopsie requise, « pour confirmer le geste suicidaire dans la survenance de ce décès ».

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