Par
Matheo Girard
Publié le
3 nov. 2025 à 17h31
Que va devenir le collectif des indignés à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine), qui avait élu domicile dans un champ le long de la départementale ? Le 22 octobre 2025, le maire, Yves Renault, a adressé un courrier à la famille Bertel, propriétaire de la parcelle agricole, faisant état d’une infraction au code de l’urbanisme.
« Il a été relevé la réalisation d’une construction d’une emprise au sol estimée à plus de 20 m² réalisée sans autorisation d’urbanisme sur un terrain non constructible », est-il écrit dans cette lettre, que nous avons pu consulter.
Un espace de débats et d’échanges
Depuis le mois de septembre, les indignés ont en effet dressé un véritable campement de fortune dans le champ. Il comprenait notamment un coin cuisine et des espaces de débats et d’expression sous les barnums.
L’installation a été renforcée par une structure en bois à l’arrivée de l’automne. Encore récemment, les indignés s’y relayaient constamment pour le faire vivre et le protéger.
Mais le maire, qui n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de cet article, leur a vivement conseillé de plier bagage, au risque de s’exposer à des poursuites judiciaires.
« Conformément à la procédure en vigueur, ce procès-verbal pourra être transmis au Procureur de la République […] Il appartiendra ensuite à ce dernier de déterminer les suites à donner à cette infraction, qu’il s’agisse de poursuites, de classement ou de toute autre mesure prévue par la loi », lit-on encore.
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L’un des indignés raconte « sa surprise face au ton utilisé, qui s’apparente à une menace » mais le campement sera bien démonté à partir de ce mardi 4 novembre « pour ne pas mettre son propriétaire dans l’embarras ».
Mise à disposition d’une salle ?
Des échanges ont depuis eu lieu sur site entre les personnes mobilisées et la municipalité. Les indignés ont fait part de leur souhait d’obtenir « un geste », à savoir la mise à disposition d’une salle communale pour pouvoir poursuivre leurs échanges et leurs débats.

Gregory Bertel a mis à disposition sa parcelle au « village des indignés » à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). ©Raphaël Lardeur
« Ça a été une réunion d’une heure cordiale, et c’est la preuve qu’on peut se parler. On nous a dit qu’il n’y avait pas beaucoup de place et qu’il ne serait pas facile d’obtenir une salle à Châteaugiron, rapporte encore un indigné. La manifestation du 18 septembre a été constructive. On est allé dans les communes, on a parlé aux gens. Ça nous a donné envie de continuer à débattre et à échanger. »
En attendant que son avenir s’éclaircisse, le collectif a maintenu ses assemblées générales hebdomadaires le dimanche, de 17 h à 20 h.
« Des outils d’éducation populaire »
Il souhaite à terme pouvoir organiser des animations – « des outils d’éducation populaire » – qui amènent à réfléchir aux sujets qui touchent la population rurale. Ce pourrait être par le biais de ciné débats par exemple.
Il s’est également mobilisé contre l’organisation du banquet du Canon français au Château des Pères, puis contre sa délocalisation à Goven, le 8 novembre. Dans la continuité, il prendra part à « une manifestation fest-noz », place du Vert Buisson à Bruz, la veille, à partir de 17 h 30.
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