Une forte détonation retentit, juste derrière moi. Les tribunes tremblent. Un pétard, me dis-je. Trois minutes plus tard, j’entends une nouvelle déflagration. Et là, je comprends. Ce ne sont pas des pétards. En bas, sur la pelouse du Stade de France, l’Allemagne affronte les Bleus. Le défenseur Patrice Evra semble hésiter, et effectue une passe en retrait.

Dix ans se sont écoulés depuis ce vendredi 13. Mais la douleur est toujours là. C’est d’abord autour du stade que les terroristes ont attaqué, avant de perpétrer un carnage dans la salle de concert du Bataclan et aux terrasses des cafés dans l’est de Paris. Il faisait si doux ce soir-là.

Le massacre islamiste du 13 novembre 2015 est resté gravé au fer rouge dans la mémoire collective des Parisiens. Cent trente personnes ont été tuées [131 en comptant un rescapé de l’attaque du Bataclan dont le suicide, en 2017, a été reconnu comme directement lié aux attentats], des centaines ont été blessées ; quant à ceux qui ont été touchés dans leur âme, ils sont innombrables. En France, la date est appelée “V13”, pour “vendredi 13*”.

Je n’en ai vécu qu’une infime partie. Pourtant, depuis cette nuit, je sais ce que l’on ressent quand on est la cible du terrorisme. Ce que l’on éprouve intérieurement. Et à quel point une société fait la démo