par David Shepardson
Les compagnies
aériennes américaines s’efforçaient jeudi de réorganiser leurs
plannings après que Washington a ordonné des réductions du
nombre de vols dans certains des aéroports les plus fréquentés
du pays, dernier épisode en date des perturbations causées par
le « shutdown ».
Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a annoncé mercredi
qu’il ordonnerait des réductions drastiques, invoquant des
risques pour la sécurité du contrôle aérien liés à l’arrêt des
services fédéraux.
La fermeture, désormais la plus longue de l’histoire des
États-Unis, contraint quelque 13.000 contrôleurs aériens et
50.000 agents de sécurité à travailler sans rémunération. Des
pénuries de personnel ont déjà provoqué des dizaines de milliers
de retards de vols à l’échelle nationale, les compagnies
aériennes estimant qu’au moins 3,2 millions de voyageurs ont été
affectés.
Selon des sources industrielles citées par Reuters, une
première vague de réductions, représentant environ 4% des vols
programmés, devrait entrer en vigueur dès vendredi. Les coupes
atteindront 5% samedi, 6% dimanche, et pourraient grimper
jusqu’à 10% la semaine prochaine si la fermeture se poursuit.
« La situation est évolutive, mais nous pensons que l’impact
est plus gérable qu’on ne le laisse entendre », a déclaré Tom
Fitzgerald, analyste chez TD Cowen.
La plupart des actions de compagnies aériennes reculaient
légèrement avant l’ouverture de Wall Street, à l’exception de
Frontier Group
ULCC.O
, qui gagnait 1% après avoir publié
mercredi des prévisions de bénéfices optimistes.
À moins d’une réouverture rapide des agences
gouvernementales, ce plan drastique risque de bouleverser les
projets de millions d’Américains se déplaçant pour Thanksgiving,
illustrant l’un des effets les plus visibles de cette fermeture
record.
L’Administration fédérale de l’aviation (FAA) devrait
publier formellement l’ordre de réduction des vols dans la
journée.
Cette mesure vise à alléger la pression sur les contrôleurs,
alors que la FAA accuse un déficit d’environ 3.500 employés,
dont beaucoup travaillaient déjà en heures supplémentaires
obligatoires et six jours par semaine avant même la fermeture.
(Rédigé par David Shepardson; version française Nicolas Delame,
édité par Blandine Hénault)