Dans une interview au magazine britannique The Economist, le président du Rassemblement National Jordan Bardella a évoqué un rachat de dette française par la BCE. Une faveur demandée à la Banque centrale européenne alors que son parti critique régulièrement les institutions européennes.

La France « n’évitera pas une discussion avec la Banque centrale européenne », estime Jordan Bardella dans un entretien jeudi 6 novembre à l’hebdomadaire britannique The Economist, où le président du RN suggère que l’institution de Francfort « pourrait » racheter une partie de la dette de Paris.

Favori des sondages à 18 mois de l’élection présidentielle au même titre que Marine Le Pen, Jordan Bardella se prépare déjà à d’âpres négociations avec l’institut d’émission.

« Je pense qu’on n’évitera pas une discussion avec la BCE sur la dette française », déclare-t-il, jugeant que l’institution – aujourd’hui dirigée par la Française Christine Lagarde – « pourrait faire du ‘quantitative easing' », c’est-à-dire « rachete(r) de la dette » comme « elle l’a fait par le passé ».

« Si l’économie française craque »

Depuis la crise financière de 2008 et surtout à partir de 2015, le BCE a en effet multiplié les rachats d’obligations d’Etats européens, notamment ceux en difficultés comme la Grèce, jusqu’à en détenir plus de 5.000 milliards d’euros. Un montant qui a commencé à décroître depuis le début de l’année, avec l’arrêt de ces programmes dits « d’assouplissement quantitatif » (ou « quantitative easing« ).

Mais pour Jordan Bardella, la situation de la France (plus de 5% de déficit, plus de 115% de dette rapportés au PIB) justifie d’activer à nouveau ce levier.

« Parce que « si l’économie française craque, c’est toute la zone euro qui craque ».

En contrepartie, le RN donne des gages, avec sa conversion en cours à la « règle d’or » budgétaire des 3% de déficit et son plan d’économies drastiques de 100 milliards d’euros en cinq ans.

Baisser la contribution française à l’UE

Un chiffrage contesté, qui repose en partie sur un rabais de la contribution versée à l’Union européenne, dont la hausse continue « est une folie » du point de vue du jeune leader d’extrême droite.

Pour autant « je ne suis pas pour la sortie de l’UE », assure-t-il, tout en critiquant l’institution bruxelloise qui est à ses yeux « l’amicale de défense des intérêts de l’Allemagne ».

Malgré cette volonté affichée d’engager le bras de fer, M. Bardella se décrit comme un « pragmatique en économie », qui « essaie de développer des positions qui sont plutôt pro-business », convaincu que « si on ne crée pas de richesse, on ne pourra pas affronter le mur de la dette ».